Irak : Dix roquettes lancées sur une base américaine, à deux jours de la visite du pape

ROQUETTE Le contexte sécuritaire s’est brutalement durci ces dernières semaines

20 Minutes avec AFP

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Une affiche géante pour la venue du pape, à Bagdad. (archives)
Une affiche géante pour la venue du pape, à Bagdad. (archives) — SABAH ARAR / AFP

Au moins dix roquettes se sont abattues tôt ce mercredi sur une base abritant des soldats américains dans l’ouest de l’Irak, deux jours avant une visite historique du pape François dans le pays. Cette nouvelle attaque, déjà précédée de plusieurs avec le même mode opératoire ces deux dernières semaines, vient rappeler à quel point la première visite d’un souverain pontife en Irak est un casse-tête logistique.

En plus des restrictions sanitaires prises pour tenter d’endiguer une deuxième vague inquiétante de Covid-19 dans le pays, les tensions entre les deux puissances agissantes en Irak, l’Iran et les Etats-Unis, sont un obstacle supplémentaire au bon déroulé du programme papal. Sur les dix roquettes tirées sur la base aérienne irakienne d’Aïn al-Assad, plusieurs se sont abattues à l’intérieur même de la section où sont stationnés des soldats américains de la coalition internationale antidjihadistes, ont précisé des sources de sécurité irakienne et occidentale.

Une bataille entre les Etats-Unis et les alliés de l’Iran

« Les forces de sécurité irakiennes mènent l’enquête », a précisé sur Twitter le colonel Wayne Marotto, porte-parole américain de la coalition, alors que Washington pointe régulièrement du doigt les factions armées pro-Iran pour ces attaques, qui se sont multipliées ces dernières semaines. Le commandement militaire irakien a précisé que les dix roquettes tirées étaient de type « Grad ». Plus précisément de type « Arash », ont détaillé des sources de sécurité occidentales, de fabrication iranienne et plus imposantes que les roquettes utilisées jusque récemment.

Ennemis jurés, la République islamique d’Iran et les Etats-Unis ont tous deux une présence ou des alliés en Irak. Les Etats-Unis, à la tête de la coalition combattant le groupe Daesh, y déploient quelque 2.500 militaires et l’Iran a entre autres le soutien du Hachd al-Chaabi, une puissante coalition de paramilitaires intégrée à l’Etat irakien composée principalement de factions armées financées et armées par l’Iran. Si l’Irak a connu un calme relatif à l’automne avec l’annonce d’une trêve des pro-Iran face aux menaces des Etats-Unis de retirer purement et simplement tous leurs soldats et diplomates du pays, une escalade a récemment débuté.

Le casse-tête de la visite du pape

En février, des roquettes sont tombées près de l’ambassade américaine à Bagdad, puis d’autres ont visé la base aérienne irakienne de Balad, plus au nord, blessant un employé irakien d’une entreprise américaine chargée de la maintenance de F-16. Des roquettes ont également touché une base militaire abritant la coalition à l’aéroport d’Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, longtemps vue comme un havre de paix dans un Moyen-Orient déchiré par les guerres. Deux personnes ont péri, dont un entrepreneur civil étranger travaillant avec la coalition.

Le pape François est attendu vendredi à Bagdad et dimanche à Erbil où il doit célébrer une messe dans un stade qui sera rempli de fidèles. Du fait de la stabilité sécuritaire précaire dans le pays et de la pandémie mondiale de Covid-19, le souverain pontife argentin sera privé des bains de foule qu’il affectionne habituellement. En outre, pour parer au pire, un confinement national sera décrété durant toute la visite papale, du vendredi 5 au lundi 8 mars.