Coronavirus aux Pays-Bas : Explosion près d'un centre de dépistage Covid-19

EPIDEMIE L’explosion a eu lieu ce mercredi en Hollande-Septentrionale peu avant 7 heures, l’hypothèse accidentelle est exclue

20 Minutes avec AFP

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A Bovenkarspel, non loin du lieu de l'explosion.
A Bovenkarspel, non loin du lieu de l'explosion. — INTER VISUAL STUDIO / ANP / AFP

Une explosion s’est produite ce mercredi près d’un centre de dépistage du Covid-19 sans faire de blessés aux Pays-Bas, où l’instauration d’un couvre-feu a provoqué fin janvier les plus graves émeutes depuis plusieurs décennies. L’engin artisanal a explosé dans le village de Bovenkarpsel en Hollande-Septentrionale, selon la police, provoquant des dégâts matériels. « Près du centre de dépistage du service local de santé publique à Bovenkarspel, un explosif s’est enclenché à 6h55. Des fenêtres ont été détruites, mais il n’y a pas eu de blessés. La police enquête. Le périmètre a été bouclé », a affirmé la police dans un communiqué.

Les services de déminage ont été déployés sur place afin de déterminer si du matériel explosif s’y trouve toujours, selon la télévision publique NOS. « Pour l’instant, nous n’excluons aucune piste et ne pouvons encore rien dire sur les motivations, une enquête est en cours », a déclaré Menno Hartenberg, porte-parole de la police de Hollande-Septentrionale, tout en excluant une piste accidentelle.

Un précédent

L’engin, « un objet en métal qui se situe entre un tube et une canette », « a été placé là et a explosé près de la facade du centre de dépistage », a-t-il ajouté. L’incident s’est produit dans une région proche de celle où un centre de dépistage avait été incendié en janvier dernier, dans le village d’Urk dans la province du Flevoland, lors de l’entrée en vigueur d’un couvre-feu pour lutter contre l’épidémie de Covid-19.

Il existe une longue tradition antivaccination parmi les protestants conservateurs de la dite « Ceinture de la Bible » dans le centre des Pays-Bas – qui comprend la région d’Urk où les premières émeutes avaient éclaté fin janvier. Les émeutes, qui avaient secoué le pays pendant plusieurs jours, étaient les plus importantes depuis plusieurs décennies. Des affrontements avaient alors opposé la police anti-émeute à des groupes de protestataires à Amsterdam et dans plusieurs autres villes dont Rotterdam qui avaient été la scène de pillages. Des dizaines de personnes avaient été arrêtées.

Imbroglio sur le couvre-feu

Le couvre-feu, en vigueur de 21h à 4h30 jusqu’au 15 mars au moins, est le premier aux Pays-Bas depuis la Seconde Guerre mondiale. La pandémie a fait 15.649 morts dans le pays, qui compte un peu plus de 17 millions d’habitants. Depuis le début de la campagne de vaccination le 6 janvier, plus de 1,3 million de doses ont été administrées selon le gouvernement. Le couvre-feu s’est aussi retrouvé la semaine dernière au cœur d’une bataille juridique lancée par un groupe opposé aux restrictions sanitaires, poussant le gouvernement à faire passer une nouvelle loi afin d’assurer le maintien de la mesure.

Malgré l’ordre donné le 16 février de mettre fin au couvre-feu, ce dernier a toujours été maintenu, le gouvernement ayant aussitôt fait appel et la Cour d’appel ayant ensuite suspendu le premier jugement dans l’attente de son verdict. L’affaire avait été portée devant la justice par Viruswaarheid («Vérité sur le virus »), un groupe qui a organisé de nombreuses manifestations aux Pays-Bas depuis le début de la crise sanitaire, et a promu des théories du complot sur la pandémie.