France-Turquie : Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan vont se reparler ce mardi

DIALOGUE Le président turc tente de recentrer ses relations diplomatiques vers les pays européens, depuis l’arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan, le 26 juin 2019
Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan, le 26 juin 2019 — ELIOT BLONDET-POOL/SIPA

Ils vont se reparler… une première depuis septembre. Emmanuel Macron s’entretiendra mardi à 18 heures avec le président turc Recep Tayyip Erdogan en visioconférence. Les deux dirigeants ont prévu d’évoquer notamment les relations bilatérales, les questions régionales et les relations avec l’Union européenne, a indiqué l’Elysée.

Cet entretien intervient dans un contexte de profonds désaccords diplomatiques entre la Turquie et la France. Les deux pays s’opposent sur plusieurs dossiers comme la Libye, la Syrie, la Méditerranée orientale ou encore l’offensive de Paris contre l’influence turque sur l’islam en France.

Des relations compliquées

Les deux hommes ont eu par le passé de vifs échanges, le président turc allant jusqu’à s’interroger sur la « santé mentale » de son homologue français, après les déclarations d’Emmanuel Macron en défense de la liberté d’expression, y compris les caricatures de Mahomet. Son homologue turc avait appelé ses concitoyens à boycotter les produits français et accusé le président français d'« islamophobie ». Paris avait rappelé son ambassadeur à Ankara pour consultations. Même des enseignants français de la prestigieuse Université Galatasaray d’Istanbul ont été pris dans l’engrenage, en se voyant récemment privés de leur permis de travail et menacés d’expulsion à tout moment.

Par ailleurs, en décembre, les pays européens se sont accordés pour sanctionner Ankara, pour ses forages gaziers unilatéraux en Méditerranée orientale. La Turquie a aussi agacé ses partenaires occidentaux en intervenant en Libye pour soutenir le gouvernement de Tripoli et en appuyant l’Azerbaïdjan dans son conflit armé avec l’Arménie dans la région du Haut Karabakh.

Du mieux avec la Grèce

Mais fin janvier, confronté à l’arrivée d’un nouveau président américain potentiellement hostile, le chef d’Etat turc a changé de ton et martelé qu’il souhaitait « écrire une nouvelle page » dans ses relations avec l’UE. Ankara a même tendu un rameau d’olivier à Athènes en invitant les dirigeants grecs à des discussions sur l’exploitation des hydrocarbures en Méditerranée.

Les efforts turcs d’apaiser les tensions ont semble-t-il fonctionné. Début février, Emmanuel Macron s’est dit « très heureux » du changement de ton de son homologue. « J’espère maintenant que nous allons obtenir des résultats » en Syrie, en obtenant « le retrait des troupes turques en Libye », au Nagorny-Karabakh ou en « faisant baisser la tension », avait dit le président français au cours d’une vidéoconférence avec l’Atlantic Council.