Chine : Une règle visant à limiter le nombre de divorces a provoqué une hausse des procédures en 2020

SEPARATION L’instauration, au 1er janvier 2021, d’un délai de réflexion obligatoire de 30 jours avant de finaliser un divorce a eu pour effet de précipiter les démarches de nombreux couples en 2020

20 Minutes avec agence

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Le nombre de divorces prononcés fin 2020 en Chine a fortement augmenté (illustration).
Le nombre de divorces prononcés fin 2020 en Chine a fortement augmenté (illustration). — SUPERSTOCK/SIPA

Pour limiter le nombre de divorces décidés sur un coup de tête, le gouvernement chinois a mis en place à partir du 1er janvier 2021 une nouvelle réglementation instaurant un délai de réflexion de 30 jours entre la demande et l’officialisation du divorce. Mais la mesure n’a pas eu l’effet escompté, au contraire, a rapporté le New York Times vendredi.

Les couples concernés se sont en effet précipités en nombre pour faire valider leur divorce avant l’entrée en application de cette règle.

Une augmentation des divorces fin 2020

Ainsi, de nombreux couples désunis ont décidé d’accélérer leurs démarches pour échapper à l’attente obligatoire. A l’échelle nationale, le nombre de divorces prononcés lors des trois derniers mois de 2020 a fait un bon de 13 % par rapport à la même période en 2019. A Pékin, l’augmentation a même atteint 36 %, contre 26 % à Shenzhen. Shanghai a enregistré une progression de 53 % au cours des deux dernières semaines de l’année 2020.

L’ajout de cette période de réflexion au Code civil chinois avait pour objectif de réduire le phénomène des divorces hâtifs « de manière systémique », a expliqué à Legal Daily le juriste Long Jun, qui a contribué à la rédaction du texte de loi. « Certains couples se disputaient le matin et divorçaient le soir même », selon cet expert.

Une règle mal perçue

Plusieurs autres pays ont déjà instauré de telles mesures. Celles-ci sont censées favoriser une éventuelle réconciliation et des échanges sur l’aspect financier d’une séparation ou la garde des enfants. En Chine, la nouvelle réglementation n’est cependant pas toujours bien acceptée par la population.

Beaucoup y ont vu une intrusion de l’Etat dans la vie privée des citoyens. D’autres ont mis en avant le danger que représentait la mesure pour les victimes de violences conjugales. La loi prévoit en effet l’arrêt de la procédure de divorce en cas de rétractation d’un des deux époux.