Birmanie : Au moins huits morts dans des manifestations violemment dispersées

REPRESSION Dimanche matin, les forces de sécurité étaient mobilisées en nombre pour disperser très vite les foules qui se rassemblaient en réponse à un appel à de nouvelles manifestations

20 Minutes avec AFP

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Les manifestations contre l'armée au pouvoir en Birmanie sont de plus en plus nombreuses depuis le coup d'Etat.
Les manifestations contre l'armée au pouvoir en Birmanie sont de plus en plus nombreuses depuis le coup d'Etat. — STR / AFP

Au moins huit personnes sont mortes, dimanche en Birmanie, dans des manifestations de protestation contre le coup d’Etat militaire, violemment dispersées par les forces de sécurité. Il s'agit de la journée la plus meurtrière depuis le coup d'Etat il y a un mois. Les Nations Unies ont condamné la répression, disant avoir des informations crédibles selon lesquelles il pourrait y avoir au moins 18 morts. Un chiffre que l'AFP n'a pu confirmer ou infirmer de source indépendante.

Depuis le putsch qui a renversé la dirigeante civile Aung San Suu Kyi le 1er février, le pays est secoué par une vague de manifestations pro-démocratie et une campagne de désobéissance civile. Les autorités ont graduellement intensifié l’usage de la force pour les disperser, avec des gaz lacrymogènes, canons à eau, balles en caoutchouc et parfois des balles réelles.

« Pas d’avertissement »

Dimanche matin, les forces de sécurité étaient mobilisées en nombre pour disperser très vite les foules qui se rassemblaient en réponse à un appel à de nouvelles manifestations. Trois personnes ont péri et une vingtaine d’autres ont été blessées quand les autorités sont intervenues contre un rassemblement dans la ville côtière de Dawei, dans le sud du pays, selon un travailleur de santé et des médias locaux. Pyae Zaw Hein, volontaire auprès des secouristes, a expliqué que les trois avaient été « touchés par des tirs à balles réelles », alors que les blessés avaient été atteints par des tirs de balles en caoutchouc. « Il pourrait y avoir beaucoup plus de victimes car nous continuons de recevoir des blessés », a-t-il ajouté. Le média local Dawei Watch a également fait état de trois morts. On dénombrait auparavant au moins cinq morts dans les rangs des manifestants depuis le coup d’Etat. L’armée affirme qu’un policier a péri en tentant de disperser une manifestation. A Rangoun, les forces de sécurité ont aussi très vite dispersé dimanche une manifestation. Mais on ignore si des tirs à balles réelles ont eu lieu.

Samedi déjà, les rassemblements globalement pacifiques avaient été accueillis de façon très ferme par les autorités. Au moins trois journalistes ont été arrêtés, dont un photographe de l’agence américaine Associated Press ainsi qu’un vidéaste et un photographe de deux agences birmanes, respectivement Myanmar Now et Myanmar Pressphoto. Plus de 850 personnes ont été arrêtées, inculpées ou condamnées pour leur implication dans les manifestations, selon une ONG d’aide aux prisonniers politiques (AAPP).

Mais ce chiffre devrait exploser au sortir du week-end, des médias officiels faisant état de 479 arrestations pour la seule journée de samedi. Cette répression a été condamnée par de nombreuses capitales étrangères. Les Etats-Unis et l’Union européenne notamment ont dénoncé la violence utilisée par les forces de sécurité et demandé à la junte de se retirer. Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix 1991, n’a pas été vue en public depuis son arrestation. Assignée à résidence dans la capitale Naypyidaw, elle a été inculpée pour l’importation illégale de talkies-walkies puis pour violation des restrictions liées au coronavirus, des chefs d’accusation pour lesquels elle comparait ce lundi.