Israël: l'extrême droite clef de voûte des élections législatives

PROCHE-ORIENT Si tous les sondages promettent à l'opposition de droite d'emporter la mise, le Likoud n'est pas assuré d'arriver en première place face au parti Kadima...

Maud Descamps avec agence

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La composition de la Knesset à la veille des élections législatives du 10 février 2009.
La composition de la Knesset à la veille des élections législatives du 10 février 2009. — IDE

Avec une campagne électorale marquée par la montée de l'extrême droite et un taux d'indécis élevé, l'opposition de droite dirigée par Benjamin Netanyahu n'est pas assurée de sa victoire aux élections législatives qui se tiennent mardi en Israël.

Avigdor Lieberman, le troisième homme

Un combat très serré entre les deux principaux partis, le Likoud, dirigé par Benjamin Netanyahu, et Kadima, parti de la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, ouvre la voie au parti d'extrême droite laïc, Israël Beiteinou, d'Avigdor Lieberman qui se retrouverait à la troisième place du classement. Selon les récents sondages, le Likoud et Kadima seraient crédités de 25 mandats chacun, sur les 120 disponibles, alors que Lieberman les talonnerait avec près de 20 mandats. Le parti travailliste du ministre de la Défense Ehud Barak serait quant à lui relégué à la quatrième place.

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Quel que soit le cas de figure, l'extrême droite alliée aux partis religieux se retrouve en position de force, bénéficiant d'un report des voix de la droite traditionnelle. Le parti de Liberman pourrait donc devenir la clef de voûte de tout gouvernement futur, que Netanyahu en prenne la tête, hypothèse la plus probable, ou que Livni réalise une alliance contre nature avec lui.

Avigdor Lieberman, qui incarne une politique de fermeté, rejette le principe de «paix contre des territoires» et a pris pour cible la minorité arabe d'Israël en remettant en question le droit à la citoyenneté de ces 1,2 million d'habitants, soit environ 20% de la population.



La sécurité principal thème de campagne

Benjamin Netanyahu affirme quant à lui vouloir diriger un «gouvernement d'union nationale le plus large possible», pour ne pas devenir otage de l'extrême droite, face à une nouvelle administration américaine moins encline à donner un blanc-seing à Israël. Selon lui, une victoire étriquée du Likoud «mènerait à une impasse politique et à des élections anticipées dans les 18 mois». Mais le chef du Likoud ne s'est pas dissocié des positions de Lieberman. Au contraire, il s'est lancé dans une surenchère, promettant que son gouvernement n'accepterait plus «la politique de retenue et d'accalmie» de son prédécesseur.

Mais les indécis sont encore nombreux. «Jamais dans l'histoire d'Israël autant de gens ne savaient comment voter à 24 heures du scrutin», relève le quotidien «Yediot Aharonot». Le journal estime que «l'establishment politique a démontré qu'il n'est pas à la hauteur des défis qu'Israël va devoir affronter», pour avoir fait de la sécurité le thème central des élections, sans prendre position sur des questions aussi cruciales qu'un règlement de paix avec les Palestiniens et les frontières de l'Etat. Le président israélien Shimon Peres s'est quant à lui déclaré inquiet ce lundi de la dérive hostile à la communauté arabe durant la campagne électorale.