Les incendies ont déjà parcouru quelque 3.000 km2 - près de trois fois la taille de Hong Kong - à la faveur des effets conjugués de la sécheresse, de vents violents et de la pire canicule recensée depuis un siècle.
Les incendies ont déjà parcouru quelque 3.000 km2 - près de trois fois la taille de Hong Kong - à la faveur des effets conjugués de la sécheresse, de vents violents et de la pire canicule recensée depuis un siècle. — Torsten Blackwood AFP

REPORTAGE

L'Australie sous «la canicule du siècle»

Victimes de températures record, les habitants du sud-est australien tentent de garder la tête froide malgré la crainte de nouveaux incendies...

De notre correspondant à Sydney

Après un week-end en enfer, le réveil est difficile pour le sud-est australien. De Sydney à Adélaïde, les températures sont presque partout repassées sous la barre des 25° ce lundi 9 février: une maigre consolation après des conditions climatiques extrêmes, en partie responsables des incendies qui ont coûté la vie à au moins 131 personnes et détruit plus de 750 habitations dans l’Etat du Victoria.

Une ambiance irréelle

En dépassant les 46°, Melbourne a enregistré samedi 7 février sa plus haute température depuis le début des relevés météorologiques en 1855. «L’ambiance est irréelle», peut-on lire dans le «Daily Telegraph» qui ajoute que «les incendies qui ont suivi ne sont pas une surprise».

Dimanche 8 février, c’était au tour de l’Etat du Nouvelles Galles du Sud de connaître des températures avoisinant les 47°. A Penrith, dans la banlieue ouest de Sydney, la température était pour le 4e jour consécutif supérieure à 40° : un record pour les cinquante dernières années.

Réfugiés dans le centre commercial

Les habitants de la ville ont donc, dimanche matin, trouvé refuge dans un centre commercial où malgré l’air conditionné, la chaleur était suffocante. Boire beaucoup, rester dans des endroits climatisés, éviter les expositions directes au soleil, les habitants de la ville ont appris à vivre avec des températures dépassant régulièrement les 35°.

Aussi, comme d’autres habitants de Penrith rencontrés au centre commercial, Leslie, 45 ans, se présente comme une «véritable Australienne»: elle aime ces températures extrêmes. «La canicule? Quelle canicule?», s’étonne également Mike, 70 ans, qui ne veut pas entendre parler de «canicule du siècle » et qui invite ceux qui n’aiment pas la chaleur à rentrer chez eux.

Pris au piège par les flammes

Les traits tirés, Leslie avoue néanmoins s’être rendue dans un lieu climatisé pour tenter de soulager ses maux de tête. Depuis que le mercure a dépassé les 40°, elle dort avec sa fille dans le couloir de sa maison où circule un courant d’air. Car il faut bien l’avouer: «cet été est exceptionnellement chaud», explique Ann, 52 ans, qui a la climatisation à domicile. Avec un coût électrique d’environ 1.000$ (environ 500€) par trimestre, la climatisation est un luxe qui n’est pas à la portée de tous les habitants de cette banlieue populaire.

Mais bien plus que les coups de chaleur, les habitants des banlieues de Sydney redoutent les incendies qui peuvent se déclarer au cœur même des zones urbaines. «Si le bush qui entoure la ville s’embrase, vous pouvez rapidement être pris au piège par les flammes», explique Nicole, 30 ans. Un scénario que les Australiens connaissent bien. En 1939, les incendies du «Vendredi noir» avaient fait 71 victimes. Lors du «Mercredi des Cendres» de 1983, le bilan avait encore été plus sévère avec 75 morts dénombrés.