La capitale malgache veille ses morts

CRISE Des processions accompagnent les cercueils des victimes des violentes répressions alors que la ministre de la Défense a démissionné...

J.M. avec agence

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Plus de 5.000 personnes se recueillaient lundi en milieu de journée celundi sur la place du 13 Mai, au coeur de la capitale malgache, où étaient exposés les cercueils de quatre des 28 personnes tuées samedi par la garde présidentielle lors d'une manifestation. Un peu plus tôt, la ministre malgache de la Défense avait annoncé sa démission dans un communiqué diffusé par la radio privée Radio Antsive.

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La foule a auparavant accompagné les cercueils dans une procession partie d'un gymnase jouxtant le stade municipal où une première cérémonie oecuménique avait été organisée dimanche. Sur la place du 13 Mai, lieu historique de la contestation dans la Grande île où Andry Rajoelina tient ses meetings, quatre cercueils étaient disposés sur une estrade tandis que les photos de huit victimes étaient placardées en hauteur et que des haut-parleurs diffusaient des cantiques.

«En cette période de crise politique, je compatis et je soutiens moralement toutes les familles qui ont eu des décès», a écrit la ministre de la Défense de Madagascar, dans son communiqué daté de dimanche. Cécile Manorohanta assurant par ailleurs: «en tant que mère je n'accepte pas cette violence».

Une centaine de morts depuis le début du conflit

«Selon ce qui avait été convenu au niveau du gouvernement, les forces de l'ordre étaient censées protéger la population et ses biens», a poursuivi Cécile Manorohanta, ajoutant: «alors, après tout ce qui s'est passé, je décide de ne plus faire partie de ce gouvernement à partir de ce moment». La garde présidentielle n'a pas hésité à ouvrir le feu sur les protestataires, samedi, faisant au moins 28 morts et 212 blessées à Antananarivo.

En tout, une centaine de personnes ont été tuées dans les violences qui ont émaillé depuis le 26 janvier le bras de fer entre Andry Rajoelina, maire destitué d'Antananarivo, et Marc Ravalomanana dans la grande île de l'océan Indien. Le calme était revenu dimanche dans la capitale, où Andry Rajoelina a appelé ce lundi à une journée de «deuil national».