Chine : Macron et Xi Jinping ont parlé vaccins, Birmanie et accord Chine-UE

DIPLOMATIE Emmanuel Macron et Xi Jinping ont discuté jeudi des relations économiques franco-chinoises, de la Birmanie et de la distribution des vaccins contre le Covid-19

20 Minutes avec AFP
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Emmanuel Macron lors d'une visio-conférence en décembre 2020.
Emmanuel Macron lors d'une visio-conférence en décembre 2020. — Sebastien Nogier/AP/SIPA

Emmanuel Macron et Xi Jinping ont discuté des relations économiques franco-chinoises, de la Birmanie et de la distribution des vaccins contre le Covid-19, selon des comptes rendus publiés ce vendredi par les deux pays.

Cet échange téléphonique a également porté sur l’accord d’investissement signé fin 2020 entre l’Union européenne et la Chine, critiqué par certains eurodéputés qui le trouvent trop faible sur les droits de l’Homme.

Pas de mention explicite des Ouïghours

Le président français a « insisté » auprès de son homologue chinois « sur la poursuite du rééquilibrage du partenariat entre l’Europe et la Chine (…) afin de créer les conditions d’une concurrence équitable et d’améliorer la réciprocité en matière d’accès au marché », a précisé l’Elysée. Xi Jinping a pour sa part plaidé pour « une entrée en vigueur rapide » de l’accord, selon l’agence officielle chinoise.

Les informations diffusées par l’agence Chine nouvelle puis par la présidence française ne mentionnent pas spécifiquement la situation des musulmans ouïghours dans la région du Xinjiang (nord-ouest), mais l’Elysée a assuré à 20 Minutes que ce sujet très sensible avait été abordé par Emmanuel Macron.

La lutte contre le travail forcé comme angle d’attaque de Macron

Le communiqué de l’Elysée précise simplement que le président français « a souligné la nécessité de progresser dans les meilleurs délais sur les engagements pris par la Chine s’agissant de la ratification des conventions fondamentales de l’organisation internationale du travail (OIT) ». Ces textes interdisent le travail forcé, auquel la Chine est accusée d’avoir recours dans le Xinjiang. Aux termes de l’accord Chine-UE, Pékin a promis d’œuvrer à la ratification des conventions de l’OIT.

Toutefois le compte rendu de cet entretien bilatéral ne nomme pas les Ouïghours. La position d’Emmanuel Macron sur le Xingjiang « est sans ambiguïté et rappelée à chaque entretien », a souligné la présidence française.

Charge de Le Drian mercredi

Mercredi, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian avait dénoncé un « système de répression institutionnalisé » au Xinjiang, lors d’une intervention devant le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU. L’ambassade de Chine en France avait ensuite condamné toute « ingérence dans les affaires intérieures d’autrui sous prétexte des droits de l’Homme ».

Plus d’un million de Ouïghours ont été placés dans des centres de rééducation politique au Xinjiang, selon des organisations de défense des droits de l’Homme, une répression jugée « inacceptable » l’an dernier par Emmanuel Macron. Pékin dément ce chiffre et parle de centres de formation professionnelle destinés à lutter contre la radicalisation islamiste, après des attentats attribués à des séparatistes ouïghours.

Un consensus sur le nucléaire civil

Par ailleurs, les deux présidents sont d’accord pour accroître leurs relations économiques dans les secteurs du nucléaire civil, de l’aéronautique et de l’agroalimentaire, selon les communiqués chinois et français. Paris cherche depuis des années à vendre à la Chine un site de retraitement nucléaire, un investissement qui avoisinerait 10 milliards d’euros.

Alors que la capitale française cherche à profiter du Brexit pour s’imposer dans la finance aux dépens de Londres, Xi Jinping a dit « soutenir Paris pour qu’elle devienne un centre financier international ».

« Vive préoccupation » de Macron quant à la Birmanie

Par ailleurs, selon l’Elysée, Emmanuel Macron a fait part au président chinois de « sa vive préoccupation quant à la situation en Birmanie », alors que Pékin se refuse jusqu’à présent de parler de coup d’Etat à propos de la prise du pouvoir par les militaires le 1er février dans ce pays.

Sur la lutte contre la pandémie de Covid-19, Emmanuel Macron « a encouragé la Chine à inscrire sa contribution à la réponse internationale, notamment les vaccins, dans le cadre multilatéral et transparent » de l’initiative ACT-A, lancée par l’OMS et l’UE selon l’Elysée.

La Chine a commencé à distribuer son vaccin dans plusieurs pays d’Afrique mais aussi en Hongrie, qui est devenue cette semaine le premier pays de l’UE à utiliser le vaccin du laboratoire chinois Sinopharm.