Coronavirus dans l’UE : Les Vingt-Sept veulent afficher leur unité face aux variants lors d’un sommet

VISIO Pourtant, les divisions ne manquent pas : sur la fermeture des frontières, le « passeport vaccinal » ou le don de vaccins à l’Afrique

20 Minutes avec AFP

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La moquette de Bruxelles restera propre : le sommet de ce jeudi aura lieu en visio-conférence. (illustration)
La moquette de Bruxelles restera propre : le sommet de ce jeudi aura lieu en visio-conférence. (illustration) — YVES HERMAN / POOL / AFP

Les dirigeants et dirigeantes européennes tenteront ce jeudi lors d’un sommet virtuel d’afficher une stratégie commune face à la menace des variants du coronavirus. Les dirigeants et dirigeantes des Vingt-Sept se retrouvent par visioconférence à partir de 14h00. Inquiets, dix pays de l’UE ont adopté des restrictions à leurs frontières. La Commission européenne a sommé six d’entre eux de s’expliquer sur des restrictions de circulation qu’elle juge disproportionnées, redoutant des dysfonctionnements de chaînes de production.

Parmi eux figurent la Belgique, qui interdit tout voyage non essentiels, et l’Allemagne, qui filtre les passages avec la République tchèque, la Slovaquie et le Tyrol autrichien. « La coordination est compliquée car pour les dirigeants, la priorité est de protéger leur population », observe un haut responsable européen, qui s’attend à des « discussions animées ». Les Vingt-Sept s’étaient initialement promis de n’adopter que des mesures « proportionnées » et « non discriminatoires ». Mais les variants ont changé la donne.

Pas de décision sur le « passeport vaccinal »

Ils « suscitent une nervosité et une prudence légitimes : pour une partie des gouvernements, le réflexe --parfois le plus commode-- est de fermer les frontières », reconnaît un diplomate, pour qui le sommet doit « rappeler les règles qu’on s’est collectivement donnés ». Selon un projet de conclusions les dirigeants européens prévoient de réaffirmer que « les flux sans entrave des biens et services au sein du marché unique doivent être garantis ».

Rien ne devrait en revanche être décidé sur un certificat de vaccination européen, destiné à faciliter les voyages au sein de l’UE, selon des sources concordantes. Surtout au moment où les campagnes de vaccination restent ralenties par les ratés de livraisons des laboratoires. Evoquer ce certificat quand seulement 4,2 % des Européens ont reçu au moins une dose n’a « aucun sens », gronde un diplomate. « Que pourrez-vous faire avec ? Aller au concert, prendre l’avion, des vacances en Espagne ? Quand 95 % des gens n’ont pas accès au vaccin, c’est conflictuel et problématique. »

Plus de vaccins pour l’Afrique ?

Et de noter qu’il n’est pas encore établi qu’être vacciné empêche de contaminer d’autres personnes. « Tous les Etats sont d’accord pour travailler à un document qui assurera que vous avez été vaccinés (…) Certains, très dépendants du tourisme, veulent en faire un moyen de faciliter la venue de visiteurs cet été », mais « il faut avancer ensemble », affirme un autre diplomate. Les dirigeants pourraient se contenter d'« appeler à poursuivre une approche commune », en promettant « de revenir sur ce sujet ».

Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE se pencheront également sur l’approvisionnement en vaccins des pays tiers : le président français Emmanuel Macron a ainsi proposé que l’Europe et les Etats-Unis livrent « le plus vite possible » 13 millions de doses de vaccins à l’Afrique pour que le continent vaccine ses 6,5 millions de soignants. A Bruxelles, on rappelle que les Etats membres sont libres, sur la base du volontariat, de donner leurs doses à d’autres pays -- parallèlement au dispositif international Covax que soutient l’UE et qui vient de livrer ses premiers vaccins gratuits au Ghana.