#StopAsianHate prend de l’ampleur en France pour dénoncer le racisme antiasiatique

DISCRIMINATION En janvier 2020, le hashtag #JeNeSuisPasUnVirus avait déjà fait son apparition sur les réseaux sociaux pour dénoncer les attaques contre les personnes d’origine asiatique

Manon Aublanc

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Un groupe de touristes chinois devant l'Arc de Triomphe à Paris.
Un groupe de touristes chinois devant l'Arc de Triomphe à Paris. — CHINE NOUVELLE/SIPA

Lancé au Etats-Unis, le hashtag #StopAsianHate prend de plus en plus d’ampleur en France, ce mercredi. Selon un rapport américain, la violence anti-asiatique n’a cessé d’augmenter depuis le début de l’épidémie de coronavirus, certains attribuant la responsabilité de l’apparition du virus à la communauté chinoise.

Dernier exemple en date, mardi dernier à New York. Une femme américaine d’origine asiatique de 52 ans a été agressée devant une boulangerie par un homme​ qui l’a poussée au sol. La victime a reçu dix points de suture à la tête. Quelques heures plus tard, l’actrice américaine Olivia Munn, amie de la fille de la victime, a posté un message sur les réseaux sociaux, dénonçant l’agression.

Le cas est loin d’être isolé. Selon les données de la police new-yorkaise, révélées par le Queens Chronicle, les crimes haineux contre les personnes d’origine asiatique ont augmenté de 1.900 % en 2020. De son côté, le site Stop AAPI Hate, qui recense les actes racistes, violents ou discriminatoires contre la communauté asiatique, a reçu 2.808 témoignages dans 47 États américains entre mars et décembre.

Un hashtag qui prend de l’ampleur en France

Et la France ne fait pas figure d’exception au vu des nombreux messages, accompagnés du hashtag #StopAsianHate, postés sur les réseaux sociaux, dénonçant la discrimination, le racisme et la violence contre les Asiatiques.

En janvier 2020 déjà, alors que l’épidémie touchait la Chine et commençait doucement à se répandre en Europe, le hashtag #JeNeSuisPasUnVirus était apparu sur les réseaux sociaux en France.  Insultes, violence, discriminations… De milliers de Français d’origine asiatique avaient raconté avoir été victimes de racisme décomplexé, la panique du virus ayant libéré un violent sentiment anti-asiatique.

La responsabilité de Donald Trump pointée du doigt

Aux Etats-Unis, la vague de racisme est parvenue jusqu’au Congrès américain. Vendredi dernier, plusieurs élus américains, dont Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre, ont alerté sur la hausse de ces incidents.

Judy Chu, la représentante de Californie et présidente du Caucus américain du Congrès asiatique-Pacifique a déclaré que la communauté américano-asiatique avait « atteint un point de crise qui ne peut être ignoré ». « Ce qui a commencé comme des regards en coin et des agressions verbales, s’est transformé en attaques physiques et en violence », a-t-elle ajouté. Certains élus n’ont d’ailleurs pas manqué de déclarer que l’ancien président, Donald Trump, avait lui aussi sa part de responsabilité, en désignant la Chine comme responsable de l’épidémie de coronavirus.