L'Amérique plus conciliante avec le monde

Faustine Vincent

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L'administration Obama a voulu consacrer samedi la rupture avec l'unilatéralisme des années Bush. Elle est « déterminée à instaurer un ton nouveau, non seulement à Washington, mais aussi dans les relations de l'Amérique avec le reste du monde », a affirmé le vice-président américain, Joe Biden, dans son premier grand discours de politique étrangère. Symbole fort, il s'exprimait depuis l'Europe, à Munich (Allemagne), à l'occasion de la conférence annuelle sur la sécurité. Le point sur ses principales déclarations.

Iran Washington va « réexaminer » sa politique vis-à-vis de la République islamique, que Bush avait classé dans « l'Axe du mal ». « Nous serons prêts à parler à l'Iran », a-t-il assuré, tout en précisant que le choix qu'il lui offre est « très clair : maintenez le cap actuel et vous connaîtrez pression et isolement ; renoncez à poursuivre votre programme nucléaire illicite et à soutenir le terrorisme, et vous recevrez d'importantes contreparties. »

Russie « Il est temps de redémarrer sur de nouvelles bases et de reconsidérer les nombreux domaines dans lesquels nous pouvons et devrions travailler ensemble avec la Russie », a affirmé Biden. Il a toutefois averti que les Etats-Unis « continueront à développer [leur] système de défense antimissiles » [auquel Moscou est opposé] contre la menace iranienne, « à condition que la technologie fonctionne et que le coût en vaille la peine ». Il a aussi assuré que Washington ne reconnaîtrait jamais l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud, ce qu'a fait Moscou après la guerre contre la Géorgie. La Russie a tout de même jugé que ce discours était un « signal très fort » pour restaurer le dialogue russo-américain.

Multilatéralisme « Nous allons écouter. Nous allons consulter. L'Amérique a besoin du reste du monde tout comme, je crois, le reste du monde a besoin de l'Amérique », a déclaré Biden. Mais les alliés devront donner le change, a prévenu le vice-président. Il a ainsi demandé l'aide internationale pour fermer le camp de Guantanamo d'ici à un an, prôné la coopération sur la crise financière, la lutte contre le terrorisme, et appelé à « partager » l'effort américain en Afghanistan, où Washington veut pratiquement doubler les effectifs militaires.■