Iran : Téhéran commence à limiter les inspections sur son programme nucléaire

NUCLEAIRE En riposte au retrait américain, l’Iran s’est affranchi de nombreuses limitations qu’il avait accepté d’imposer à son programme nucléaire en échange d’un allègement des sanctions à son encontre

20 Minutes avec AFP

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L'entrée de la centrale nucléaire de Natanz en Iran.
L'entrée de la centrale nucléaire de Natanz en Iran. — ATOMIC ENERGY ORGANIZATION OF IRAN / AFP

Après l’expiration d’une échéance fixée par Téhéran pour la levée des sanctions américaines, l’Iran a confirmé, ce mardi, l’entrée en vigueur de la limitation des inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur ses activités nucléaires.

« La mise en œuvre de (la) loi (du Parlement) a commencé ce matin », a indiqué le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif.

Les sanctions rétablies par Donald Trump en cause

« Nous avons officiellement annoncé le 15 février à l’Agence internationale de l’énergie atomique que la loi du Parlement serait mise en œuvre à partir du matin du 23 février », a ajouté Mohammad Javad Zarif, soulignant néanmoins que la coopération de Téhéran avec le gendarme onusien du nucléaire se poursuivait.

Conformément à un texte adopté par le Parlement iranien en décembre, le gouvernement est tenu de limiter certaines inspections de l’AIEA sur des installations non nucléaires, y compris des sites militaires suspects, en cas de maintien des sanctions rétablies en 2018 par la précédente administration de Donald Trump, après le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien.

L’AIEA, le « chien de garde nucléaire » de l’ONU

En riposte au retrait américain, l’Iran s’est affranchi progressivement depuis 2019 de nombreuses limitations qu’il avait accepté d’imposer à son programme nucléaire en échange d’un allégement des sanctions à son encontre. L’Iran et l’AIEA - « chien de garde nucléaire » de l’ONU – ont annoncé dimanche un accord « temporaire » pour maintenir une surveillance des activités nucléaires, bien que réduite, le temps que les pourparlers diplomatiques s’engagent entre les parties de l’accord international encadrant le programme nucléaire iranien conclu en 2015 à Vienne, afin de tenter de sortir de l’impasse actuelle.

Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, avait assuré que son organisation restait « en mesure de maintenir le degré nécessaire de surveillance et de vérification », après des pourparlers dimanche avec les responsables iraniens à Téhéran. De son côté, le porte-parole du gouvernement iranien, Ali Rabii, a salué mardi la conclusion d’un accord « efficace et rassurant » avec Rafael Grossi, affirmant qu’il permettait d’éviter de « nuire aux relations, à la confiance mutuelle et à la coopération positive entre l’Iran et l’AIEA ».