Avigdor Lieberman, l'ultra courtisé

PORTRAIT L'ultranationaliste s'impose comme le pivot de la campagne électorale en Israël. De notre correspondant à Jérusalem.

Paul Akim, à Jérusalem

— 

 Avigdor Lieberman, leader of hardline right-wing party Yisrael Beitenu, walks down the street during a tour of the southern Israeli town of Beer Sheva February 7, 2009. REUTERS/Amir Cohen (ISRAEL)
 Avigdor Lieberman, leader of hardline right-wing party Yisrael Beitenu, walks down the street during a tour of the southern Israeli town of Beer Sheva February 7, 2009. REUTERS/Amir Cohen (ISRAEL) — REUTERS/Amir Cohen

Longtemps considéré comme infréquentable, l’ultranationaliste Avigdor Lieberman est désormais l’homme le plus courtisé de cette campagne électorale israélienne. Crédité par les sondages de 18 ou 19 sièges sur les 120 que compte la Knesset, son parti, Israel Beitenou («Israël notre maison») devrait s’imposer mardi comme la troisième force politique du pays, devant la formation  travailliste.

«Terrorisme de l’intérieur»

Ce natif de Moldavie, dont l’hébreu est toujours teinté d’un fort accent russe, se pose comme le défenseur d’un Israël menacé par la minorité des Arabes israéliens, tenants selon lui d’une «cinquième colonne» qui «soutiennent le terrorisme» et ne sont pas «loyaux» envers l'Etat «sioniste et juif». Son slogan, «Pas de loyauté, pas de citoyenneté», est dans tous les esprits.

«Israël est confronté à une double attaque terroriste, de l'intérieur et de l'extérieur. Et le terrorisme de l'intérieur est toujours plus dangereux que celui de l'extérieur», martèle Avigdor Lieberman. Selon un récent sondage, 69% des Israéliens se disent d’accord avec sa proposition de faire signer à la population arabe d’Israël un serment de fidélité à l’Etat hébreu, sous peine de se voir privée de droits civiques.

Cet ancien videur de boîte de nuit, aux épaules larges et aux idées simples, propose de redécouper les frontières pour inclure les villages arabes du nord d’Israël dans les territoires palestiniens. Habitant d’une colonie illégale, prés de Bethléem, en Cisjordanie, il jure de ne céder aucun pouce de territoire aux Palestiniens.

Netanyahu lui a promis un «grand ministère»

Dans une campagne très à droite, ce discours de fermeté séduit. « Le Likoud n’apporte pas de réponses claires. Lieberman lui, parle avec franchise», explique Chem Benlulu, ancien partisan du Likoud (droite) passé à Israel Beitenu. «Ceux qui ne sont pas loyaux à ce pays et ne font pas leur service militaire, les Arabes, comme les religieux ultra-orthodoxes juifs, ne doivent pas bénéficier de la citoyenneté. Beaucoup d’Israéliens le pensent, Lieberman le dit tout haut», ajoute-t-il. Benyamin Netanyahu, le chef de fil du Likoud, et probable futur Premier ministre, a jugé les propositions d’Avigdor Lieberman «légitimes» et promis de lui confier «un grand ministère» dans sa coalition gouvernementale, s’il est élu.

 En raison des débordements racistes systématiques, nous nous voyons contraints de fermer les articles traitant d'Israël aux commentaires. Merci de votre compréhension. Si vous avez des infos ou des témoignages intéressants, n'hésitez pas à les envoyer au 33320@ 20minutes.fr