Canada : Le Parlement qualifie de « génocide » la répression contre les Ouïgours en Chine

MOT Les députés pointent « l’endoctrinement politique et antireligieux », « le travail forcé » et « la destruction de sites culturels » que subit cette minorité musulmane

20 Minutes avec AFP

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Des femmes ouïghoures manifestent à Berlin le 1er septembre 2020 (illustration).
Des femmes ouïghoures manifestent à Berlin le 1er septembre 2020 (illustration). — Markus Schreiber / AP

Le gouvernement de Justin Trudeau va devoir jouer un numéro d’équilibriste : suivre la ligne de son parlement sur la question des Ouïgours ou mesurer ses propos afin de ne pas provoquer encore un peu plus l’ire de Pékin. Les députés canadiens ont en effet adopté lundi une motion non-contraignante assimilant le traitement réservé par la Chine à sa minorité ouïgoure à « un génocide ».

Le texte, déposé à l’initiative des conservateurs qui sont dans l’opposition, a été adopté à la Chambre des communes par 266 voix sur 338. Les autres députés, notamment les ministres du gouvernement libéral de Justin Trudeau, se sont abstenus.

Les Jeux olympiques de Pékin de 2022 dans la balance

Pour appuyer leur motion, les députés pointent notamment « l’endoctrinement politique et antireligieux », « le travail forcé » et « la destruction de sites culturels » que subit cette minorité musulmane dans le Xinjiang en Chine. Un amendement demandant que les Jeux olympiques d’hiver de Pékin de 2022 soient déplacés si le « génocide » se poursuit, a également été adopté.

« Maintenant, les conservateurs demandent au gouvernement libéral de respecter le Parlement et de reconnaître officiellement qu’un génocide se passe en Chine », a déclaré leur chef, Erin O’Toole, qui depuis des mois appelle Ottawa à durcir le ton contre Pékin. « Le gouvernement du Canada prend toute allégation de génocide extrêmement au sérieux », a pour sa part réagi le ministre des Affaires étrangères Marc Garneau.

Crise diplomatique entre la Chine et le Canada

Vendredi, le Premier ministre Justin Trudeau a admis que « d’énormes violations des droits de l’homme ont été signalées dans le Xinjiang ». Il a précisé, à l’issue d’une réunion du G7, que le Canada se concertait avec ses partenaires de la communauté internationale quant à l’utilisation du terme « génocide » déjà employé par l’administration de Donald Trump.

Les relations entre le Canada et la Chine traversent en outre une crise sans précédent depuis l’arrestation fin 2018 de l’ex-diplomate canadien Michael Kovrig et de son compatriote Michael Spavor, accusés d’espionnage, quelques jours après celle d’une cadre de Huawei, Meng Wanzhou, à l’aéroport de Vancouver. La directrice financière du géant chinois a été arrêtée à la demande de la justice américaine qui veut la juger pour fraude bancaire.