Algérie : Le mouvement Hirak manifeste à nouveau pour son deuxième anniversaire

RUE Le mouvement avait notamment obtenu le départ d'Abdelaziz Bouteflika

J.-L.D. avec AFP

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Le mouvement Hirak est de retour en Algérie
Le mouvement Hirak est de retour en Algérie — Toufik Doudou/AP/SIPA

Des milliers de manifestants défilaient ce lundi dans le centre d’ Alger, et dans le reste du pays, pour le deuxième anniversaire du soulèvement populaire du  Hirak. Il s’agit du cortège le plus important dans la capitale depuis la suspension des marches du Hirak le 13 mars 2020 à cause de la pandémie de Covid-19.

La police, qui a essayé d’empêcher les protestataires d’avancer vers la Grande Poste, lieu de rassemblement emblématique du Hirak, a procédé à des interpellations, parfois musclées, selon des témoins. Parmi les slogans, les manifestants chantaient à l’adresse du pouvoir : « Nous ne sommes pas venus pour l’anniversaire (du Hirak), nous sommes venus pour que vous partiez ».

Mouvement pacifique mais efficace

Des marches se déroulaient également en province, notamment à Annaba, Oran, Béjaïa, Sétif, Bouira, Mostaganem et Constantine, selon les réseaux sociaux. « Il y a un dispositif policier monstrueux. les véhicules de police circulent avec gyrophares et sirènes, créant un climat de peur, un climat anxiogène mais malgré tout les gens ont décidé de sortir », confiait un journaliste d’Oran (nord-ouest).

« C’est une marche digne des grands jours », a précisé de son côté un autre journaliste à Constantine (nord-est). A Alger, la police avait quadrillé la ville avec un impressionnant dispositif de sécurité policier et installé des barrages filtrants sur plusieurs axes routiers menant à la capitale.

Déclenché le 22 février 2019, le Hirak, un mouvement de protestation populaire inédit en Algérie, avait poussé le président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis deux décennies, à la démission deux mois plus tard. Ce mouvement pacifique a dû suspendre ses marches hebdomadaires le 13 mars 2020 en raison de l’épidémie de coronavirus. Mais il continue de réclamer le démantèlement du « système » en place depuis l’indépendance en 1962, synonyme à ses yeux d’autoritarisme et de corruption.