Espagne : Violente manifestation pour la 6e nuit consécutive après l’arrestation d’un rappeur

LIBERTE D'EXPRESSION Les manifestants s’opposent à la condamnation à neuf mois de prison du rappeur Pablo Hasél

20 Minutes avec AFP

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Espagne: Une semaine d'affrontements après l'arrestation du rappeur Pablo Hasél — 20 Minutes

La très forte tension ne retombe pas à Barcelone. Pour la sixième nuit consécutive, une manifestation en faveur du rappeur emprisonné Pablo Hasél s’y est tenue dimanche. Elle a à nouveau dégénéré en affrontements avec la police. Cette manifestation a toutefois rassemblé moins de monde que les précédentes.

Aux cris de « Liberté pour Pablo Hasél » des centaines de personnes se sont d’abord regroupées devant la gare de Sants, fortement gardée par les troupes antiémeutes de la police catalane, les Mossos d’Esquadra. Les manifestants ont ensuite défilé vers le centre de la capitale catalane, où certains manifestants ont commencé à jeter des projectiles sur les policiers.

Un magasin pillé à Barcelone le 20 février 2021.
Un magasin pillé à Barcelone le 20 février 2021. - SOPA Images/SIPA

Sur la fameuse avenue de Ramblas, des manifestants ont élevé des barricades avec du mobilier urbain et ont jeté des objets sur les forces de l’ordre. Au moins cinq personnes ont été arrêtées après avoir brisé la vitrine d’un commerce, ont indiqué les Mossos.

Des magasins pillés

Depuis mardi, les rues de la deuxième ville espagnole ont été le théâtre de violents affrontements entre manifestants et policiers, avec des barricades, des poubelles incendiées et des destructions. Dans la nuit de samedi à dimanche, des magasins ont été pillés et des dommages ont été causés à des bâtiments emblématiques de Barcelone, comme le Palais de la Musique. Au total, depuis le début des manifestations mardi, 95 personnes ont été interpellées dans toute la Catalogne, selon les autorités.

Pablo Hasél, 32 ans, a été condamné à neuf mois de prison pour apologie du terrorisme, pour avoir dans un tweet traité le roi Juan Carlos Ier de « mafieux », fait l’éloge de personnes impliquées dans des attaques et accusé la police d’avoir tué et torturé des migrants et des manifestants. Son arrestation a relancé le débat sur la liberté d’expression en Espagne et renforcé les divergences au sein de la coalition gouvernementale, entre les socialistes du président Pedro Sanchez et le parti Podemos (gauche radicale), qui soutient les manifestations.