Le «ton nouveau» de la diplomatie américaine

ETATS-UNIS Le vice-président américain Joe Biden s'est engagé samedi à Munich au nom de l'administration Obama à adopter un «ton nouveau» avec la communauté internationale après les années Bush.

Avec agence

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Le vice-Président des Etats-Unis, Joe Biden, à Munich le 7 février 2009.
Le vice-Président des Etats-Unis, Joe Biden, à Munich le 7 février 2009. — Michael Dalder / REUTERS

«Je viens en Europe au nom d'une nouvelle administration déterminée à instaurer un ton nouveau, non seulement à Washington, mais aussi dans les relations de l'Amérique avec le reste du monde», a expliqué Joe Biden, prononçant en Europe, à l'occasion de la grande messe annuelle de la sécurité à Munich (sud de l'Allemagne), son premier grand discours de politique étrangère et de sécurité.

«Nous allons pratiquer le dialogue. Nous allons écouter. Nous allons consulter. L'Amérique a besoin du reste du monde tout comme, je crois, le reste du monde a besoin de l'Amérique», a-t-il ajouté.

«Demander plus à nos partenaires»

Preuve de la bonne volonté américaine, Joe Biden a salué «une pleine participation de la France à l'Otan, si tel devait être le souhait de la France». Mais, a-t-il prévenu, «l'Amérique va en faire plus, ça, c'est la bonne nouvelle. La mauvaise nouvelle, c'est que nous allons demander à nos partenaires d'en faire plus aussi».

Joe Biden a également assuré que les Etats-Unis donneraient «l'exemple» dans la lutte contre le réchauffement climatique. Il a prôné la coopération contre la crise financière.

De l’aide pour fermer Guantanamo

Après les crispations causées par la «guerre mondiale contre le terrorisme» menée par George W. Bush et les méthodes employées, Joe Biden a assuré que l'Amérique ne pratiquerait pas la torture, et qu'«aucun pays, aussi puissant qu'il soit, n'est mieux placé que les autres pour faire face seul» aux dangers extrémistes.

Mais, en retour, Joe Biden a demandé l'aide internationale pour tenir la promesse de Barack Obama de fermer d'ici à un an le camp de Guantanamo, érigé par ses détracteurs en symbole des excès antiterroristes de l'administration Bush. Dans le combat contre le terrorisme, «nous devrons coopérer avec les autres pays à travers le monde, et nous aurons besoin de votre aide», a-t-il encore dit.

Barack Obama s'est engagé à diriger l'effort américain consenti pour une guerre controversée en Irak au combat moins contesté livré sous mandat de l'ONU en Afghanistan. Mais, à l'heure où Washington étudie un renfort considérable de troupes en Afghanistan, elle entend «partager» avec d'autres «cet engagement» à la stabilisation de ce pays, alors que certains alliés des Etats-Unis rechignent à s'exposer davantage.

Rapports avec la Russie

L'attention de l’assistance portait aussi à Munich sur le message que Joe Biden aurait pour la Russie, d'autant plus qu'il doit rencontrer le vice-Premier ministre russe Sergueï Ivanov dimanche à Munich. «Les dernières années ont vu une dangereuse dérive dans les relations entre la Russie et les membres de notre alliance, a lancé Joe Biden. Le moment est venu d'appuyer sur le bouton de redémarrage et de réexaminer les nombreux domaines dans lesquels nous pouvons et devrions travailler ensemble».

Mais il a aussi prévenu que des désaccords subsisteraient: «Les Etats-Unis ne reconnaîtront pas l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud comme des Etats indépendants», ajoutant que les Etats-unis refusait que quiconque dispose d'une «sphère d'influence». Il a ajouté que les Etats-Unis continueraient à développer la défense antimissile, un des grands motifs de querelle entre Washington et Moscou.

Mais il a paru s'employer à apaiser les tensions en ajoutant que cela se ferait en concertation avec la Russie et «à condition que la technologie fonctionne et que le coût en vaille la peine». Un homme de compromis donc.