Affaire Navalny : La justice russe maintient l’emprisonnement de l’opposant

RUSSIE Le principal adversaire du Kremlin comparait pour une seconde affaire dans la même journée de samedi

B.Ch. avec AFP

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Alexei Navalny derrière la vitre du box des accusés, lors de son procès à Moscou, le 12 février 2021.
Alexei Navalny derrière la vitre du box des accusés, lors de son procès à Moscou, le 12 février 2021. — AFP

La justice russe a confirmé samedi en appel la condamnation à de la prison ferme de l’opposant Alexeï Navalny pour violation d’un contrôle judiciaire, selon une journaliste de l’AFP présente à l’audience.

Le juge d’un tribunal de Moscou, Dmitri Balachov, a toutefois légèrement réduit d’un mois et demi la condamnation du militant anti-corruption, qui devra finalement purger une peine de deux ans et demi de prison.

Un deuxième procès dans la journée

Le principal adversaire du Kremlin, Alexeï Navalny, visé par de multiples procédures judiciaires, passe au tribunal deux fois samedi à Moscou, des affaires qui risquent de le conduire en camp de travail forcé pour près de trois ans.

Ces deux audiences ont lieu alors que la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a demandé cette semaine la libération du militant russe anti-corruption de 44 ans, arguant d’un risque pour la vie de cet opposant qui a survécu in extremis à un empoisonnement l’année dernière.

Cette décision a été immédiatement rejetée par Moscou, qui avait déjà balayé les appels en ce sens de l’Union européenne, malgré la menace de nouvelles sanctions.

Une peine de travaux forcés envisagée

Samedi après-midi, Alexeï Navalny comparaîtra devant une autre juge dans un procès pour « diffamation » d’un vétéran de la Deuxième guerre mondiale. Le Parquet a requis dans ce dossier 950.000 roubles d’amende (10.600 euros environ) et réclamé lui aussi que le sursis de l’opposant soit converti en prison ferme.

Héritage de l’Union soviétique, la plupart des peines d’emprisonnement en Russie sont effectuées dans des camps pénitentiaires situés parfois loin de tout. Le travail des détenus, habituellement dans des ateliers de couture ou de fabrication de meubles, y est obligatoire.

Les conditions de détention y sont aussi régulièrement dénoncées par les défenseurs des droits humains.