Dubaï assure que la princesse Latifa est « prise en charge chez elle », l’ONU demande une preuve de vie

COMMUNIQUE La fille de l’émir de Dubaï avait déjà essayé de fuir son pays en 2018, et assurait avoir été « torturée » et « emprisonnée » par son père

20 Minutes avec AFP

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Latifa ben Mohammed Al Maktoum, le 17 février 2021 dans une vidéo envoyée d'un téléphone mobile.
Latifa ben Mohammed Al Maktoum, le 17 février 2021 dans une vidéo envoyée d'un téléphone mobile. — AP/SIPA

L’ambassade des Emirats arabes unis à Londres a affirmé ce vendredi dans un communiqué que la princesse Latifa est « prise en charge chez elle » et que « son état s’améliore ». Elle réagissait à la diffusion d’une vidéo de la princesse, qui se dit retenue en « otage » par son père l’émir de Dubaï. L’ONU et Londes réclament des preuves de vie.

« Sa famille a confirmé que son Altesse est prise en charge chez elle, soutenue par sa famille et des professionnels de la santé. Son état continue à s’améliorer et nous espérons qu’elle reprendra une vie publique en temps voulu », a indiqué l’ambassade, en réponse à la publication par la BBC d’une vidéo non datée dans laquelle la princesse affirmait être retenue en « otage » dans son pays et craindre pour sa vie.

Preuve de vie

Une porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits humains, Liz Throssell, a indiqué aux médias que le cas de la princesse avait été soulevé jeudi auprès de la mission permanente des Emirats à Genève. « Nous avons fait part de nos préoccupations concernant la situation, à la lumière des vidéos inquiétantes qui sont sorties cette semaine. Nous avons demandé plus d’informations et de précisions sur la situation actuelle » de la princesse Latifa, a-t-elle précisé.

Et « nous avons demandé une preuve de vie », a-t-elle assuré, en insistant sur les « graves inquiétudes » concernant le sort de la princesse. Le chef de la diplomatie britannique, Dominic Raab, avait déjà demandé, mercredi, des preuves de vie. Cette affaire « nous préoccupe », avait pour sa part déclaré le Premier ministre Boris Johnson, « mais la Commission des Nations Unies sur les droits humains se penche là-dessus et ce que nous allons faire, c’est attendre de voir comment ils avancent ».

Evasion ratée en 2018

La princesse de 35 ans, fille de Mohammed ben Rached al-Maktoum, dirigeant de l’émirat de Dubaï et Premier ministre des Emirats arabes unis, avait en vain tenté de s’évader en bateau de cette cité-Etat du Golfe en 2018, avant d’y être ramenée. Ses proches ont transmis des vidéos dans lesquelles elle dit être enfermée dans une « villa transformée en prison » aux fenêtres condamnées et gardée par des policiers. Ils disent ne plus avoir de nouvelles d’elle. Selon la chaîne publique britannique BBC, les vidéos ont été filmées environ un an après sa vaine tentative d’évasion.

Des responsables onusiens s’étaient déjà inquiétés de cette affaire dans un courrier adressé le 6 décembre 2018 aux Emirats. Ils évoquaient des informations reçues concernant « la disparition forcée et la mort présumée » de la princesse, tout en soulignant qu’une « procédure d’action urgente envoyée au gouvernement » le 2 mai 2018 était restée sans réponse.

Une rencontre photographiée

Mohammed al-Chaibani, chef de la cour royale à Dubaï, leur avait répondu le 18 décembre en indiquant qu’aucun courrier n’avait été reçu le 2 mai 2018 et assurant que la princesse « est en vie, en sécurité et reçoit les soins aimants de sa famille dans leur résidence de Dubaï » et « n’a jamais été arrêtée ou détenue ». L’ancienne Haute-Commissaire des Nations unies aux droits humains, Mary Robinson, avait pu rencontrer la princesse quelques jours plus tôt, le 15 décembre 2018.

Elle avait ensuite raconté sa rencontre à la BBC, décrivant une femme « perturbée, affectée par un sérieux problème de santé et suivie en psychiatrie », mais bien traitée par sa famille proche. Des photos de la rencontre avaient été publiées.