Législatives israéliennes: la droite favorite mais l'écart se réduit entre Likoud et Kadima

POLITIQUE A trois jours des législatives en Israël, l'écart se réduit entre le Kadima centriste, au pouvoir, et le Likoud (opposition de droite), qui reste favori pour former le cabinet grâce à l'extrême droite et malgré un important nombre d'indécis.

Avec agence

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Selon un ultime sondage publié vendredi soir par la Chaîne-Dix (privée) de télévision, le Likoud de Benjamin Netanyahu est crédité de 27 mandats sur 120 à la Chambre, contre 25 au Kadima de la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, 19 au parti Israël Beiteinou (extrême droite) d'Avigdor Lieberman, et 14 au parti travailliste du ministre de la Défense Ehud Barak, son score historique le plus bas.
Selon un ultime sondage publié vendredi soir par la Chaîne-Dix (privée) de télévision, le Likoud de Benjamin Netanyahu est crédité de 27 mandats sur 120 à la Chambre, contre 25 au Kadima de la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, 19 au parti Israël Beiteinou (extrême droite) d'Avigdor Lieberman, et 14 au parti travailliste du ministre de la Défense Ehud Barak, son score historique le plus bas. — Jonathan Nackstrand AFP

Selon un ultime sondage publié vendredi soir par la Chaîne-Dix (privée) de télévision, le Likoud de Benjamin Netanyahu est crédité de 27 mandats sur 120 à la Chambre, contre 25 au Kadima de la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, 19 au parti Israël Beiteinou (extrême droite) d'Avigdor Lieberman, et 14 au parti travailliste du ministre de la Défense Ehud Barak, son score historique le plus bas. Les élections législatives se tiendront le 10 février.

Les autres formations obtiennent les résultats suivants: Shass (orthodoxe sépharade): 9, Meretz (gauche laïque): 6, Judaïsme unifié de la Torah (orthodoxe ashkénaze): 6, Union nationale (extrême droite des colons): 4, listes arabes: 10. Ces chiffres confirment la poussée d'un bloc de droite révélée par la plupart des sondages antérieurs, sur lequel Benjamin Netanyahu pourrait aisément s'appuyer pour former une coalition gouvernementale.

La peur de Benjamin Netanyahu

Il a toutefois indiqué vouloir former un cabinet d'union nationale comptant les travaillistes et le Kadima, pour ne pas être otage de l'extrême droite et se réserver ainsi de pouvoir mener une politique pragmatique. Tzipi Livni a pour sa part assuré vendredi soir être en mesure de «créer un gouvernement d'union rassemblant la droite et la gauche, alors que Benjamin Netanyahu sera forcément le chef d'un cabinet extrémiste».

Dans un ultime effort destiné à éviter l'effritement de ses voix au profit de l'extrême droite, Benjamin Netanyahu a tenté de battre le rappel de ses sympathisants en les invitant à ne pas s'éparpiller. «Ils pensent que je serai de toute façon élu, et croient en conséquence pouvoir donner leurs suffrages à d'autres partis du camp national (ndlr: la droite), mais ça pourrait s'avérer désastreux», a-t-il déclaré en promettant «un important ministère» à Avigdor Lieberman Le jeu est d'autant plus serré que Tzipi Livni compte par ailleurs sur le ralliement d'une partie des 15% d'indécis pour modifier la donne en sa faveur.

Le risque de l'abstention

«Une foix de plus, l'issue du scrutin sera tranchée par deux groupes clefs: les abstentionnistes et les électeurs qui calculent leur stratégie», estime ainsi Naomi Chazan, une ancienne élue du Meretz. «Aujourd'hui, de nombreux citoyens ignorent pour qui ils vont finalement voter, et 30% de ceux qui ont l'intention de participer au scrutin peuvent en définitive s'abstenir», ajoute-t-elle.

Aux dernières législatives de 2006, le taux de participation a atteint 62,3%, le plus bas de l'histoire d'Israël. Beaucoup d'abstentionnistes se justifient en invoquant la corruption de la classe politique ou le caractère interchangeable des trois grandes formations rivales (Travaillistes, Kadima, Likoud), et d'autres sont tout simplement sceptiques sur l'efficacité du suffrage universel.