Plan de relance américain: un accord à l'arraché au Sénat

USA Des coupes ont été faites pour réduire le plan de 920 milliards de dollars à 780...

P.B. avec AFP

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Le Sénat américain, qui a assoupli la clause protectionniste du plan de relance économique, s'approchait lentement d'un vote jeudi après que le président Barack Obama ait indiqué que "le moment de discuter" était terminé.
Le Sénat américain, qui a assoupli la clause protectionniste du plan de relance économique, s'approchait lentement d'un vote jeudi après que le président Barack Obama ait indiqué que "le moment de discuter" était terminé. — Mark Wilson AFP/Getty Images/Archives

Le scalpel a visiblement fonctionné. Les sénateurs américains sont parvenus à un accord à l'arrachée vendredi soir sur un plan de relance économique de 780 milliards de dollars. Après de longues tractations, une entente a finalement été trouvée pour tailler dans les quelque 920 milliards que le plan de relance avait atteint au fil des ajouts, grâce au travail en coulisses d'un petit groupe de sénateurs des deux bords.
 

Plusieurs sénateurs démocrates ont précisé que la répartition des dépenses dans le nouveau plan, qui doit encore être approuvé par le Sénat dans son ensemble dans la soirée ou samedi, est de 58% pour les investissements de toutes sortes (énergie, éducation, santé, etc...) et de 42% pour les réductions d'impôts.
 

Peu après 19 heures, le sénateur démocrate Ben Nelson, qui a conduit les longues négociations entre les sénateurs modérés des deux partis, a annoncé officiellement devant l'assemblée qu'un accord avait été trouvé.
 

Pressés par Obama et le chômage

La sénatrice républicaine Susan Collins, qui a conduit les discussions des «modérés» des deux camps aux côtés de Ben Nelson, a estimé que le plan aiderait l'économie américaine «à se remettre d'une dangereuse récession» et aiderait «les Américains, qui partout dans le pays sont dans une passe difficile parce qu'ils ont perdu leur emploi».
 

Face à la lenteur des tractations, Obama avait tapé du poing sur la table vendredi après l'annonce d'un bond du taux de chômage, qui a atteint 7,6%, son plus haut niveau depuis septembre 1992. «Il est inexcusable et irresponsable d'être ainsi bloqué et retardé pendant que des millions d'Américains sont licenciés», a-t-il déclaré.
 

Il avait ajouté une pression supplémentaire sur les parlementaires en dépêchant au Capitole son secrétaire général «Rahmbo»  Emanuel.
 

Les républicains, qui cherchaient à obtenir davantage de réductions d'impôts et moins de dépenses publiques dans le plan de relance, disposent d'une minorité de blocage de 41 sièges sur 100 au Sénat.
 

Le plan était en discussion au Sénat depuis lundi. Une première version, d'un montant total de 819 milliards, a été adoptée par la Chambre des représentants à majorité démocrate, sans aucune voix républicaine, malgré les appels à l'union nationale de Barack Obama.
 

Si le texte est finalement adopté par le Sénat, il devra être réconcilié avec celui déjà adopté par la Chambre des représentants. Le texte de compromis sera alors remis au vote dans les deux chambres.