Nucléaire iranien: Les Etats-Unis acceptent une invitation de l'UE et font un geste à l'égard de Téhéran

DIPLOMATIE Les discussions pour relancer l'accord de Vienne s'intensifient mais l'Union européenne a mis en garde l'Iran, qui menace de s'affranchir de nouveaux engagements

20 Minutes avec AFP

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Le président américain Joe Biden avec le secrétaire d'Etat Antony Blinken le 4 février 2021.
Le président américain Joe Biden avec le secrétaire d'Etat Antony Blinken le 4 février 2021. — Evan Vucci/AP/SIPA

Une fenêtre diplomatique semble s’ouvrir. Les Etats-Unis ont procédé jeudi à trois gestes à l’égard de l’Iran, sur fond d’intensification de discussions pour une relance de l’accord nucléaire conclu avec Téhéran et à l’approche d’une intention iranienne de s’affranchir de nouveaux engagements.

Après une réunion virtuelle des chefs des diplomaties française, britannique, allemande et américaine, Washington a annoncé accepter une invitation de l’Union européenne à des pourparlers en présence de Téhéran pour relancer les efforts visant à restaurer cet accord. « Les Etats-Unis acceptent une invitation du haut représentant de l’Union européenne à une réunion du P5 + 1 (un groupe rassemblant Etats-Unis, Allemagne, Chine, France, Royaume-Uni et Russie) et de l’Iran pour évoquer la meilleure façon d’avancer concernant le programme nucléaire de l’Iran », a annoncé le porte-parole du département d’Etat, Ned Price.

Proclamation de sanctions annulée

L’administration de Joe Biden a annulé dans la foulée une proclamation unilatérale effectuée en septembre par le gouvernement de Donald Trump sur un retour de sanctions internationales contre l’Iran. Dans une lettre au Conseil de sécurité de l’ONU, obtenue par l’AFP, l’ambassadeur américain par intérim aux Nations unies, Richard Mills, indique que les sanctions internationales « levées par la résolution 2231 » de l’ONU en 2015 et confirmant l’accord nucléaire conclu la même année avec Téhéran « restent levées ».

L’annonce en septembre par l’administration Trump, qui avait décidé en 2018 du retrait des Etats-Unis de l’accord, avait été jugée nulle et non avenue par une large majorité des autres membres du Conseil de sécurité. Le département d’Etat a enfin annoncé jeudi l’allégement des restrictions imposées sur les déplacements des diplomates iraniens auprès de l’ONU à New York.

Avertissement de l’Europe

La réunion américano-européenne et le triple geste de Washington sont intervenus alors que le gouvernement iranien prévoit de restreindre à partir de dimanche l’accès des inspecteurs de l’AIEA à des installations non nucléaires, y compris des sites militaires suspectés d’avoir une activité nucléaire.

Téhéran a menacé de s’affranchir de nouveaux engagements pris en vertu de l’accord de 2015 sauf si les Etats-Unis lèvent leurs sanctions unilatérales imposées depuis 2018 et qui étranglent l’économie iranienne. La France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont appelé Téhéran à évaluer « les conséquences d’une mesure aussi grave, en particulier dans ce moment d’opportunité pour un retour à la diplomatie ». Antony Blinken « a rappelé que, comme l’avait déclaré le président Biden, si l’Iran revenait au strict respect de ses engagements (…), les Etats-Unis feraient de même et qu’ils étaient prêts à entamer des discussions avec l’Iran afin d’y parvenir », précise leur communiqué.