Espagne : Elections législatives à l’issue incertaine ce dimanche en Catalogne

SCRUTIN Les deux principaux partis indépendantistes et la branche catalane du Parti socialiste ouvrier espagnol du Premier ministre espagnol sont presque à égalité dans les sondages

20 Minutes avec AFP

— 

Préparation d'un bureau de vote à Barcelone, le 13 février 2021.
Préparation d'un bureau de vote à Barcelone, le 13 février 2021. — Enric Fontcuberta/EFE/SIPA

Un peu plus de trois ans après une tentative avortée de sécession, la Catalogne est appelée aux urnes. La région va voter ce dimanche pour ses députés au Parlement local. L’enjeu est notamment de savoir si les socialistes, à la tête du gouvernement espagnol, parviendront à écarter les indépendantistes du pouvoir à Barcelone.

La principale inconnue porte sur la participation, qui devrait être en forte baisse en raison du contexte sanitaire. L’Espagne est en effet l’un des Etats européens les plus durement frappés par le Covid-19. A la suite de l’explosion des nouveaux cas consécutive aux fêtes de fin d’année, le gouvernement régional avait d’ailleurs décidé de reporter le scrutin à fin mai, mais la justice est intervenue pour rétablir la date initiale.

La participation attendue en forte baisse

Les bureaux de vote seront ouverts de 8 heures à 19 heures, mais la dernière heure sera réservée aux personnes atteintes du Covid-19 ou en quarantaine, une situation qui obligera les assesseurs à porter des combinaisons de protection intégrale. Les enquêtes d’opinion prévoient que la participation pourrait tomber sous les 60 %, alors qu’elle avait été d’environ 80 % en 2017. Signe d’un malaise chez les quelque 5,5 millions d’électeurs inscrits, environ 35.600 personnes sur les 82.000 tirées au sort pour servir d’assesseurs ont demandé à être dispensées de cette obligation. Bien que 23.300 demandes aient été acceptées, les autorités assurent que le scrutin pourra se dérouler normalement.

Cette chute prévisible de la participation accroît l’incertitude du scrutin, les sondages donnant trois formations dans un mouchoir de poche avec un peu plus de 20 % des voix : les deux principaux partis indépendantistes catalans, Ensemble pour la Catalogne (JxC) et Gauche républicaine de Catalogne (ERC), qui forment l’actuel gouvernement régional, et le PSC, branche catalane du Parti socialiste ouvrier espagnol du Premier ministre Pedro Sanchez.

Le Premier ministre s’implique

Bien décidé à briser la mainmise des indépendantistes, Pedro Sanchez, qui est devenu Premier ministre après la tentative de sécession de 2017, a fait appel à son ancien ministre de la Santé et figure de proue de la lutte contre le Covid-19 en Espagne, Salvador Illa, pour conduire les socialistes à la bataille. Il s’est même personnellement impliqué dans la campagne en participant à plusieurs réunions électorales, avec le risque qu’un échec soit aussi perçu comme le sien.

Même s’ils remportent le plus grand nombre de suffrages, les socialistes auront besoin de partenaires pour obtenir la majorité absolue de 68 députés (sur un total de 135) au Parlement local, et devront faire éclater le bloc indépendantiste. Ils comptent pour cela sur ERC, parti ouvert au dialogue avec Madrid. Mais cela ne sera pas si simple. ERC, JxC et trois autres petites formations se sont engagées par écrit cette semaine à ne contribuer « en aucun cas » à la formation d’un gouvernement avec Salvador Illa.