Guinée : Quatre décès dus à Ebola, les premiers dans le pays depuis 2016

RESURGENCE Le ministre de la Santé s’est dit « inquiet », rappelant que la précédente épidémie avait fait plus de 2.500 morts en Guinée

20 Minutes avec AFP

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Un test de température lors de l'épidémie d'Ebola en 2016, à Conakry en Guinée.
Un test de température lors de l'épidémie d'Ebola en 2016, à Conakry en Guinée. — Youssouf Bah / AP

Alors que le monde a les yeux rivés sur les chiffres de la propagation du Covid-19, le virus Ebola refait parler de lui. Quatre personnes sont décédées de la fièvre hémorragique en Guinée, première résurgence signalée de la maladie en Afrique de l’Ouest, d’où était partie la pire épidémie de l’histoire du virus (2013-2016), a indiqué samedi le ministre guinéen de la Santé.

« On est vraiment préoccupés, il y a déjà quatre décès de la fièvre hémorragique à virus Ebola dans la région de Nzérékoré (Sud-Est), dont deux à Nzérékoré même et deux dans la sous-préfecture de Gouéké », a déclaré le ministre, Rémy Lamah.

« Il y a une infirmière de Gouéké qui est tombée malade vers la fin du mois de janvier. Elle est décédée entre le 27 et le 28 janvier et a été inhumée le 1er février à Gouéké », a pour sa part expliqué le patron de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire (ANSS), le Dr Sakoba Keïta, cité par le site Guinée Matin. « Parmi ceux qui ont participé à l’enterrement, huit personnes ont présenté des signes : diarrhées, vomissements et saignements. Trois d’entre eux sont décédés et quatre autres sont hospitalisés à Nzérékoré », a-t-il ajouté.

Un laboratoire installé par l’Union européenne

Le patron de l’ANSS et le ministre de la Santé ont tous les deux indiqué que les prélèvements analysés par un laboratoire mis sur pied par l’Union européenne à Guéckédou, dans la région, avaient détecté la présence du virus Ebola. « Nous avons pris toutes les dispositions, une équipe d’alerte est sur place pour identifier les cas contact », a précisé Rémy Lamah. « Je suis inquiet en tant qu’humain, mais je reste serein car on a géré la première épidémie et la vaccination est possible. Il y aura une réunion de crise demain » dimanche, a-t-il ajouté.

Provoquant une fièvre brutale, des maux de tête, des vomissements et diarrhées, le virus Ebola a été identifié pour la première fois en 1976 au Zaïre, l’actuelle République démocratique du Congo. Depuis, ce virus, pour lequel il existe deux vaccins expérimentaux mais aucun traitement curatif, a semé plusieurs fois la terreur en Afrique. Partie en décembre 2013 de Guinée, avant de se propager au Liberia et à la Sierra Leone voisins, l’épidémie en Afrique de l’Ouest s’était achevée en 2016 après avoir atteint 10 pays, dont l’Espagne et les Etats-Unis, provoquant plus de 11.300 morts pour quelque 28.600 cas recensés, à plus de 99 % en Guinée (2.500 morts), au Liberia et en Sierra Leone. Ce bilan est sous-évalué de l’aveu même de l’Organisation mondiale de la santé.