Birmanie : Les manifestations contre la junte militaire ne faiblissent pas après le coup d’Etat

CONTESTATION Un coup d’Etat a été mené par les militaires le 1er février.

20 Minutes avec AFP

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Les protestations contre le coup d'état se poursuivent en Birmanie.
Les protestations contre le coup d'état se poursuivent en Birmanie. — AP

Pour le huitième jour consécutif, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue ce samedi en Birmanie. Leur but : protester contre les militaires au pouvoir depuis le coup d’Etat perpétré dans le pays le 1er février, faisant chuter  Aung San Suu Kyi​. Des manifestations ont eu lieu à Rangoun et dans d’autres villes. Naung Po Aung, un village reculé de 7.500 habitants dans le nord du pays, a même accueilli un défilé de plusieurs centaines de personnes, soulignant l’ampleur de l’opposition au coup d’Etat.

Autre moyen de contestation : vendredi soir, des comités de vigilance citoyenne ont vu le jour spontanément, chargés de surveiller leur voisinage en cas d’opérations menées par les autorités pour arrêter des opposants. Une vidéo filmée dans un quartier de Rangoun montrait notamment de nombreux habitants envahissant la rue, défiant le couvre-feu instauré à 20h, après des rumeurs d’une descente de la police venue arrêter des dissidents.

Mya, 20 ans, icône du mouvement anti-junte

Les protestations réunissent différentes composantes de la société, des moines en robe safran aux joueurs de l’équipe nationale de football. Les manifestations se sont déroulées pour l’essentiel dans le calme, mais cette semaine, les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau.

Deux manifestants ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles, dont une jeune femme de 20 ans, Mya, toujours dans un état critique, devenue une icône du mouvement anti-junte.

La pression internationale -

Mais la pression sur la junte ne vient pas que de l’intérieur du pays. Depuis le putsch, « plus de 350 responsables politiques, représentants de l’Etat, militants et membres de la société civile, y compris des journalistes, des moines et des étudiants ont été placés en détention », a relevé l’ONU lors d’une session extraordinaire de son Conseil des droits de l’homme vendredi, jugeant « inacceptable » l’usage de la violence contre des manifestants.

Lors de cette réunion, le régime des généraux a été mis sous pression avec l’adoption d’une résolution exigeant la libération immédiate d’Aung San Suu Kyi. Washington a de son côté annoncé de nouvelles sanctions contre des militaires, dont leur chef Min Aung Hlain.

Internet s'en mêle

Les géants d’Internet pèsent eux aussi lourd sur la scène internationale. Ils ont dénoncé un projet de loi sur la cybersécurité qui permettra à la junte de les obliger à transmettre des métadonnées d’utilisateurs.

Facebook, principal moyen de communication pour des millions de Birmans, a déclaré qu’il réduirait la visibilité du contenu géré par l’armée, affirmant que celle-ci répandait « de fausses informations ».