Etats-Unis : Joe Biden met un terme au renvoi automatique des demandeurs d’asile vers le Mexique

IMMIGRATION Cette politique, qui datait de l’ère Trump, était très critiquée par les défenseurs des droits civiques

20 Minutes avec AFP

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Joe Biden, le 12 février 2021 à Washington.
Joe Biden, le 12 février 2021 à Washington. — AFP

La politique migratoire controversée de Donald Trump qui consistait à renvoyer les demandeurs d’asile au Mexique pendant l’examen de leur dossier sera stoppée dès la semaine prochaine, a annoncé vendredi l’administration de Joe Biden.

« A partir du 19 février, le ministère de la Sécurité intérieure débutera la phase une de son programme pour restaurer un processus sécurisé et ordonné à la frontière sud-ouest » des Etats-Unis, a précisé un communiqué. Les migrants qui étaient visés par la mesure baptisée « Rester au Mexique » (Remain in Mexico) de Donald Trump pourront ainsi être admis sur le territoire américain, a précisé l’administration Biden.

Crise humanitaire

Cette politique, mise en œuvre en 2019, ne s’appliquait pas aux Mexicains mais forçait les demandeurs d’asile arrivés aux Etats-Unis via le Mexique d’y rester le temps que leur requête soit instruite. Elle avait été très critiquée par les associations de défense des droits civiques.

Au moins 70.000 demandeurs d’asile, la plupart originaires d’Amérique centrale, ont été renvoyés vers le Mexique dans le cadre de ce programme, créant une crise humanitaire de ce côté de la frontière, exacerbée par la pandémie, selon l’organisation American Immigration Council.

Les dossiers de demandes d’asile de 25.000 personnes, visées par cette politique, sont encore en cours d’examen, selon un responsable de l’administration démocrate. Le nouveau ministre de la Sécurité intérieure Alejandro Mayorkas, premier Hispanique à occuper ce poste, a salué « une nouvelle étape dans notre engagement à remanier les politiques migratoires qui ne correspondent pas aux valeurs de notre nation ». Dès son premier jour à la Maison Blanche, Joe Biden avait déjà envoyé des gages à l’aile gauche du parti démocrate, qui attend un virage à 180 degrés en matière d’immigration, après quatre années consacrées à verrouiller les frontières des Etats-Unis.