Royaume-Uni : Une spectaculaire découverte relie Stonehenge à son site d’origine, au Pays de Galles

ARCHEOLOGIE Une partie du mystère entourant le célèbre site préhistorique pourrait être levée par cette découverte

R. G.-V. avec AFP
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Stonehenge, à Amesbury, au Royaume-Uni. (archives)
Stonehenge, à Amesbury, au Royaume-Uni. (archives) — ADRIAN DENNIS / AFP

Les pierres du site préhistorique de Stonehenge, en Angleterre, pourraient venir d’un autre site situé au Pays de Galles, à plus de 200 kilomètres de là, une découverte qui lèverait une partie du mystère entourant ces célèbres mégalithes, estiment des archéologues.

Leur étude, qui doit être publiée dans la revue d’archéologie britannique Antiquity et fait l’objet d’un documentaire diffusé ce vendredi sur la BBC, montre, grâce aux sédiments du sol et à la datation au charbon, que le cercle de pierres de Waun Mawn (dans le sud-ouest du Pays de Galle), a été érigé environ 400 ans avant un de ceux de Stonehenge.

Les chercheurs de l’University College London (UCL) estiment que les pierres bleues et grises – caractéristiques du Pays de Galles – de Stonehenge ont pu y être déplacées par ses constructeurs au fur et à mesure que leur communauté a migré en Angleterre. Les scientifiques ont en effet remarqué qu’un cercle datant de 3.000 ans avant J-C sur le site mégalithique, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, avait copié la structure de celui de Waun Mawn, présentant exactement le même diamètre (110 mètres) et le même alignement face au lever du soleil lors du solstice d’été.

Une zone densément peuplée, puis plus rien

Cette découverte expliquerait beaucoup de choses sur le site de Stonehenge, notamment pourquoi ses monolithes n’ont pas été érigés à proximité immédiate de leur carrière, comme la plupart des sites datant de la même époque. Waun Mawn, où il ne reste désormais que quatre monolithes, est l’un des plus anciens cercles de pierre du Royaume-Uni, et le troisième plus grand du pays. La région environnante était une zone importante et densément peuplée jusqu’en 3.000 avant J.-C., date à laquelle l’activité semble avoir brusquement cessé.

« C’est comme si (les habitants) avaient disparu. Peut-être que la plupart des gens ont migré, emportant leurs pierres -leurs identités ancestrales – avec eux », a déclaré le professeur Parker Pearson, de l’UCL. Composé d’environ 80 pierres, le site mégalithique de Stonehenge a dû emprunter des roches à d’autres monuments que celui de Waun Mawn, estime le professeur : « Peut-être y a-t-il d’autres (monuments) à Preseli qui attendent d’être trouvés. Qui sait ? »

Le quotidien The Guardian rappelle qu’une ancienne légende vieille de près de mille ans, indiquait déjà que Merlin avait conduit des hommes en Irlande, pour capturer un cercle de pierres magiques, à reconstruire en Angleterre, comme mémorial pour les morts. Ce récit avait été rejeté, mais il reprend de la vigueur aujourd’hui. La partie du Pays de Galles d’où proviennent ces pierres étant, à l’époque, considérée comme des terres irlandaises.