Vins : L’épidémie de coronavirus et les taxes américaines font reculer les exportations

ALCOOL En valeur, les exportations de vins et spiritueux ont reculé l’an passé globalement à 12 milliards d’euros, tombant à leur niveau de 2016

20 Minutes avec AFP
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Des bouteilles de vin à la vente. Illustration.
Des bouteilles de vin à la vente. Illustration. — Romain Doucelin - Sipa

En raison de la crise sanitaire et des taxes appliquées sur les vins français aux Etats-Unis, leur premier marché à l’étranger, les exportations françaises de vins et spiritueux ont reculé de près de 14 % en 2020, a annoncé la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS), ce jeudi.

Avec la fermeture des cafés, clubs, restaurants et hôtels dans le monde entier pendant les confinements, les exportations de spiritueux ont fortement décliné (-19,4 % en valeur).

La taxe américaine punitive

Les ventes de vins français à l’étranger ont pour leur part baissé de 11,3 % sur le plan mondial et de 18 % aux Etats-Unis, essentiellement en raison de la taxe punitive de 25 % appliquée en octobre 2019 par Washington sur les bouteilles de vins tranquilles de moins de 14 degrés, en réponse à un conflit commercial transatlantique aéronautique opposant Boeing à Airbus, a indiqué la FEVS, qualifiant 2020 d’année « au-delà » du « difficile ».

« C’est certainement aux Etats-Unis que la situation demeure la plus préoccupante et donc la plus urgente. Les sanctions que subit notre secteur depuis seize mois​, encore aggravées le 12 janvier dernier (par une nouvelle salve de taxes s’étendant aux spiritueux et aux vins tranquilles en vrac), mettent en péril la présence des vins français sur le premier marché mondial comme la pérennité de nos entreprises exportatrices et, au-delà, des 500.000 acteurs de la filière Vin », a déclaré Cesar Biron, président de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux.

Deuxième secteur derrière l’aéronautique

La FEVS estime que la résolution du conflit transatlantique doit venir « d’abord » « du niveau européen ». « Il est urgent que la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, règle directement et sans délai ce sujet avec le Président Joe Biden », a exhorté César Biron. « Toutefois, le règlement urgent de ce conflit transatlantique n’exonère pas l’Etat français de ses responsabilités : nous serons reçus le 15 février par le Premier Ministre Jean Castex », a-t-il précisé en espérant « des décisions fortes en faveur des exportateurs » à cette occasion.

En valeur, les exportations de vins et spiritueux ont reculé l’an passé globalement à 12 milliards d’euros, tombant à leur niveau de 2016. Néanmoins le secteur conserve sa deuxième place dans les excédents commerciaux français, derrière l’aéronautique.