Iran : Téhéran fait un pas de plus dans la violation de l’accord sur le nucléaire

BRAS DE FER Selon l’AIEA, le pays a entamé la production d’uranium métal

20 Minutes avec AFP

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Un missile lors du 42e anniversaire de la révolution iranienne, à Téhéran le 10 février 2021.
Un missile lors du 42e anniversaire de la révolution iranienne, à Téhéran le 10 février 2021. — Sobhan Farajvan/PACIFIC P/SIPA

Ce n’est pas une surprise. Les autorités iraniennes ont en effet fait savoir mi-janvier qu’elles avançaient dans cette direction. L’Iran a débuté la production d’uranium métal pour alimenter son réacteur de recherche à Téhéran, nouvelle violation de ses engagements de l’accord de 2015, a indiqué l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) mercredi soir.

L’agence onusienne « a procédé le 8 février à la vérification de 3,6 grammes d’uranium métal dans l’usine d’Ispahan » dans le centre du pays. Le sujet est sensible car l’uranium métal peut être utilisé dans la fabrication d’armes nucléaires. Mais officiellement la République islamique a toujours nié vouloir se doter de la bombe, même si l’AIEA avait établi le contraire en 2011.

Une interdiction de 15 ans

Le directeur général de l’agence internationale, Rafael Grossi, a informé les Etats membres de ce nouveau développement qui a pour objectif, selon Téhéran, « de produire du combustible » dans le cadre de ses activités de recherche et développement. Or le Plan d’action global commun, signé en 2015 par l’Iran et six grandes puissances (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne), comporte une interdiction de 15 ans en ce qui concerne « la production ou l’acquisition de métaux de plutonium ou d’uranium ou leurs alliages ».

Cette annonce affaiblit encore un peu plus l’accord sur le nucléaire iranien, qui menace de voler en éclats depuis que Donald Trump en a retiré les Etats-Unis en 2018 avant de rétablir des sanctions économiques. En riposte, Téhéran s’est affranchi progressivement depuis 2019 de la plupart de ses engagements, arguant qu’il en avait le droit face aux « violations flagrantes » des règles par les autres parties. Entorse la plus grave à ce jour, le pays a repris début janvier l’enrichissement d’uranium à 20 %, niveau que pratiquait le pays avant 2015 mais qui reste loin des 90 % requis pour une bombe.

Joe Biden ne veut pas faire le premier pas

L’arrivée le 20 janvier de Joe Biden à la Maison-Blanche a laissé espérer une reprise du dialogue après la politique de « pression maximale » exercée par son prédécesseur. Toutefois, le nouveau président américain a prévenu qu’il ne ferait pas le premier pas en levant les sanctions, comme le réclament les dirigeants iraniens. Mercredi, le chef de la diplomatie Zarif a prévenu que « la fenêtre de tir se rétrécissait », faisant monter la pression sur Washington. « Bientôt mon gouvernement se verra obligé de prendre d’autres mesures en réponse à l’échec lamentable des Américains et des Européens » de remplir leur part du contrat, a-t-il déclaré dans un message diffusé sur YouTube à l’occasion du 42e anniversaire de la Révolution islamique.

Le 21 février, échéance fixée par le Parlement, l’Iran pourrait ainsi restreindre l’accès des inspecteurs de l’AIEA à ses sites, une ligne rouge qui risquerait de faire capoter les manœuvres en coulisses pour sauver l’accord sur le nucléaire.