Russie : Les restes de soldats français et russes morts en 1812 enterrés ensemble

HISTOIRE Les restes de ces soldats morts pendant la retraite en 1812 de la Grande Armée de Napoléon ont été retrouvés sur un chantier dans la ville de Viazma 

20 Minutes avec agences

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Mise en scène de la vie des soldats de Napoléon.
Mise en scène de la vie des soldats de Napoléon. — ALLILI MOURAD/SIPA

Les restes d’une centaine de soldats russes et français morts pendant la retraite en 1812 de la Grande Armée de Napoléon seront enterrés ensemble samedi, a annoncé une fondation à l’origine du projet. Les dépouilles, mises au jour à Viazma dans l’ouest de la Russie, ont été placées ce lundi dans huit cercueils communs au cours d’une cérémonie organisée dans un monastère local.

Celle-ci s’est déroulée en présence de représentants de l’ambassade de France en Russie et de la Fondation pour le Développement des initiatives historiques franco-russes, à l’origine de l’opération des fouilles et de l’identification des restes effectuée en 2019. « Samedi, tous ces soldats russes et français, autrefois ennemis, seront enterrés ensemble, comme des amis, en présence de descendants » des participants des deux camps au conflit, a expliqué Pierre Malinowski, le président de cette Fondation.

Des soldats d’une trentaine d’années

Les restes des soldats ont été découverts il y a une dizaine d’années à l’occasion d’un chantier au sud-ouest de Viazma, une ville de 52.000 habitants. « Les amateurs locaux d’histoire ont d’abord cru qu’il s’agissait d’une fosse datant de la Seconde Guerre mondiale, mais une expertise de l’Académie russe des Sciences a établi qu’il s’agissait bien de victimes de la campagne de Napoléon, principalement âgées de 30 à 39 ans », a expliqué l’experte-anthropologue Tatiana Chvedtchikova.

« Grâce aux boutons des uniformes, il est devenu possible de déterminer plus précisément que certains soldats faisaient partie des 30e et 55e régiments d’infanterie de ligne et du 24e régiment d’infanterie légère de l’Armée de Napoléon », poursuit l’experte. Jusqu’à leur inhumation dans un cimetière local, les dépouilles resteront dans une petite église du monastère de Jean le Précurseur, fondé en 1536 et pillé par la Grande Armée au moment de sa retraite de Russie en 1812.