Algérie : Un étudiant assure avoir été torturé en prison, une enquête ouverte

DROITS HUMAINS L’étudiant de 25 ans a passé 14 mois en prison, condamné pour « distribution et possession de tracts pour porter atteinte à l’intérêt du pays »

20 minutes avec agences
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Les déclarations du jeune homme ont suscité de vives critiques à travers le pays. (Illustration)
Les déclarations du jeune homme ont suscité de vives critiques à travers le pays. (Illustration) — Fabrice COFFRINI / AFP

Le parquet général auprès de la cour d’Alger a ordonné ce dimanche l’ouverture d’une enquête après le témoignage d’un étudiant algérien prodémocratie qui affirme avoir été torturé par des membres des services de sécurité.

Walid Nekkiche, 25 ans, resté plus d’un an en détention administrative, a dit avoir été « agressé sexuellement, physiquement et verbalement » par des éléments des services de sécurité pendant une garde à vue. Un témoignage éprouvant qui a suscité une vive indignation en Algérie.

« J’ai vécu l’enfer (…) J’ai beaucoup enduré durant ces quatorze mois de prison et surtout les six jours passés à la caserne Ben Aknoun » à Alger, a affirmé Walid Nekkiche samedi dans le quotidien francophone Liberté.

Condamné à six mois ferme

Le jeune homme a été libéré le 2 février après avoir été condamné à six mois de prison ferme pour « distribution et possession de tracts pour porter atteinte à l’intérêt du pays ». La peine de six mois avait déjà été couverte par la durée de la détention préventive.

Lors de son procès, le procureur du tribunal de Dar El Beida à Alger avait requis la perpétuité contre l’étudiant, poursuivi pour « complot contre l’Etat », « atteinte à l’intégrité du territoire national » et « incitation de la population à prendre les armes ».

Protestation antirégime

Walid Nekkiche avait été arrêté le 26 novembre 2019 à Alger lors d’une marche hebdomadaire des étudiants du « Hirak », le mouvement de protestation antirégime et prodémocratie né en février 2019 et suspendu depuis la crise sanitaire.

« Dans l’attente d’un nouveau procès équitable et impartial, la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme continuera à suivre de près ce dossier jusqu’à ce que la vérité soit établie et la justice soit faite », a réagi son vice-président Saïd Salhi.