Russie : Alexeï Navalny une nouvelle fois devant la justice pour diffamation

PROCES EN SERIE Après sa condamnation, le 2 février, à près de trois ans de prison ferme, le militant anti-Poutine comparaît, une nouvelle fois, devant la justice russe

E.Pe. avec AFP
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Russie: Le procès en diffamation de Navalny a débuté — 20 Minutes
  • Trois jours seulement après son procès pour « violation de son contrôle judiciaire », Alexeï Navalny a repris le chemin du tribunal, à Moscou, ce vendredi.
  • Il est accusé, cette fois, d’avoir diffusé des informations « mensongères » et « injurieuses » sur un ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale pro-Poutine.
  • Alexeï Navalny risque une lourde amende, voire, une fois n’est pas coutume, de la prison ferme.

Et de deux ! Trois jours seulement après son procès pour «violation de son contrôle judiciaire », lors duquel il a écopé de deux ans et huit mois de prison ferme, l’opposant russe, Alexeï Navalny a repris le chemin du tribunal, à Moscou, ce vendredi. Il comparaît, cette fois, pour diffamation, et est accusé d’avoir diffusé des informations « mensongères » et « injurieuses » sur un ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale pro-Poutine.

En amont de ce énième procès, le militant anticorruption avait appelé, jeudi, ses partisans à « surmonter la peur » et à « libérer » la Russie des « voleurs » au pouvoir. Tout en dénonçant « une accusation politique ». Alexeï Navalny risque une lourde amende, voire, une fois n’est pas coutume, de la prison ferme.

Des citoyens et diplomates réprimés

Sa condamnation, annoncée le 2 février, a suscité de nombreuses protestations, donnant lieu à une « répression brutale » dénoncée par plusieurs ONG, des médias russes et les capitales occidentales. Au total, quelque 10.000 arrestations – un record ces dernières années – ont eu lieu, ce jour-là, émaillées de violences policières.

Moscou a également déclaré, ce vendredi, persona non grata des diplomates d’Allemagne, de Pologne et de Suède accusés d'avoir participé à une manifestation en faveur d’Alexeï Navalny.

« C’est une vengeance de Poutine contre moi »

Le militant a, une nouvelle fois, accusé le Kremlin de vouloir le réduire au silence après qu’il a survécu, cet été, à une tentative d'empoisonnement dont il tient le président russe Vladimir Poutine pour responsable. « L’illégalité manifeste qui me frappe depuis que je suis descendu de l’avion, c’est une vengeance de Poutine contre moi. Parce que j’ai survécu et que j’ai osé revenir », a-t-il déclaré.

Alexeï Navalny avait été arrêté à Moscou, le 17 janvier, dès son retour en Russie, après cinq mois de convalescence en Allemagne.