Coronavirus : Combiner deux doses de vaccins différents ? L’université d’Oxford lance une étude

EPIDEMIE Les chercheurs vont injecter deux vaccins différents pour la première et la deuxième dose, celui de l'alliance Pfizer/BioNTech et celui d'AstraZeneca/Oxford

20 Minutes avec AFP

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Combiner deux vaccins différents permettrait de vacciner plus facilement et plus rapidement.
Combiner deux vaccins différents permettrait de vacciner plus facilement et plus rapidement. — Sergei Savostyanov/TASS/Sipa USA/SIPA

Injecter deux doses de différents vaccins à un patient est-il efficace pour protéger la population contre le coronavirus ? C’est ce que cherche à savoir l’université d’Oxford qui a lancé une étude, ce jeudi.

« Si nous montrons que ces vaccins peuvent être utilisés de manière interchangeable, cela augmentera considérablement la flexibilité de leur distribution », a souligné le professeur Matthew Snape, chercheur d’Oxford en charge de l’essai, dans un communiqué.

Une alliance Pfizer et AstraZeneca

Cette étude, présentée comme une première mondiale, impliquera 820 volontaires de plus de 50 ans, s’intéressera à la combinaison des deux vaccins utilisés pour l’heure sur le territoire britannique, celui de l’alliance Pfizer/BioNTech et celui d'AstraZeneca/Oxford.

Elle évaluera aussi l’efficacité de la protection en fonction de l’espacement des deux injections, testant un intervalle de quatre semaines, proche de celui initialement recommandé, et un intervalle de douze semaines retenu par les autorités britanniques pour toucher plus de monde. Pays d’Europe le plus touché par la pandémie avec plus de 108.000 morts, le Royaume-Uni a fait de la vaccination une cause nationale pour sortir de la crise sanitaire, face à un nouveau variant plus contagieux qui l’a forcé à adopter début janvier un troisième confinement.

Une meilleure réponse immunitaire ?

Le médecin chef adjoint pour l’Angleterre Jonathan Van-Tam a souligné l’intérêt de « disposer de données qui pourraient appuyer un programme de vaccination plus souple », notamment en raison des « contraintes liées à l’offre ». « Il est même possible qu’en combinant les vaccins, la réponse immunitaire soit meilleure, avec des niveaux d’anticorps plus élevés et qui durent plus longtemps », a-t-il indiqué.

Premier pays occidental à avoir commencé sa campagne, le Royaume-Uni​ a pour l’heure vacciné plus de 10 millions de personnes, et vise 15 millions de personnes d’ici à la mi-février, comprenant les plus de 70 ans, les soignants et les personnes les plus à risque.