Russie : L’Union européenne envoie un émissaire à Moscou en pleine affaire Navalny

DIALOGUE Au cours de sa visite de deux jours, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, tentera de rencontrer l’opposant politique

20 Minutes avec AFP
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Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, se rend à Moscou ce 4 février 2021.
Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, se rend à Moscou ce 4 février 2021. — John Thys/AP/SIPA

Malgré la fin de non-recevoir aux demandes de libération d’Alexeï Navalny, l’Union européenne a choisi de maintenir sa mission en Russie. Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, se rend donc ce jeudi à Moscou pour sonder la volonté de coopération du Kremlin.

L’Espagnol sait qu’il aura une partie difficile face à Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères depuis 2004. Moscou refuse en effet toute ingérence dans ses affaires intérieures et a mis en garde les Européens contre la « bêtise » de conditionner l’avenir de leur relation avec la Russie au sort de l’opposant.

Borrell pessimiste

Josep Borrell ne se fait d’ailleurs pas d’illusions. « Je n’obtiendrai sans doute pas la libération d’Alexeï Navalny », a-t-il confié lundi. « Borrell n’obtiendra rien, c’est sûr. Poutine ne montrera jamais sa faiblesse », a pour sa part expliqué Alexeï Malachenko, de l’Institut de recherche Dialogue entre les civilisations. Mais le politologue n’exclut pas des signaux.

Le mandat de l’émissaire européen a été finalisé mercredi, car des réserves ont été émises par plusieurs Etats membres et au Parlement européen sur l’opportunité de son déplacement. Il part « porteur d’exigences à l’égard des autorités russes. A son retour, les Européens envisageront les conséquences à tirer de cette visite », a expliqué mercredi le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian. « De nouvelles sanctions ne sont pas exclues », a pour sa part prévenu l’Allemagne. La Russie est sous le coup de sanctions économiques depuis 2014, après l’annexion de la Crimée.

Josep Borrell arrivera jeudi soir à Moscou pour une visite de deux jours, jusqu’au 6 février. Il a demandé à voir Navalny et il veut rencontrer les représentants de la société civile. Les ministres des Affaires étrangères auront une première discussion le 22 février sur les résultats de sa mission. Ils devront en tirer des conclusions et des options à présenter aux dirigeants européens qui se réuniront fin février, avant leur sommet consacré à la relation avec la Russie fin mars.

La mission confiée à Josep Borrell met en outre un terme à un gel des contacts diplomatiques au niveau européen depuis 2017. Il tenait à faire ce déplacement. « La relation avec la Russie est complexe. Il y a de nombreux enjeux de sécurité à discuter », plaide-t-il. L’Ukraine, le Caucase, la Syrie, la Libye, l’Afrique sont autant de sujets de contentieux avec Moscou, soulignent ses services. « Mais il y a aussi des domaines dans lesquels l’UE et la Russie coopèrent, ou doivent coopérer davantage », comme la lutte contre le réchauffement climatique et l’accord sur le nucléaire iranien.