Affaire Navalny : Emmanuel Macron demande la « libération immédiate » de l’opposant russe

RUSSIE La France juge « inacceptable » la condamnation d’Alexeï Navalny à près de trois ans de prison ferme

20 Minutes avec AFP

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Alexeï Navalny a été condamné pour avoir violé son contrôle judiciaire.
Alexeï Navalny a été condamné pour avoir violé son contrôle judiciaire. — Moscow City Court/TASS/Sipa USA/SIPA

« La condamnation d’Alexeï Navalny est inacceptable. Un désaccord politique n’est jamais un crime. Nous appelons à sa libération immédiate ». Moins de deux heures après la condamnation à plus de deux ans de prison ferme contre l’opposant russe, Emmanuel Macron a vivement réagi sur le réseau social Twitter. « Le respect des droits humains comme celui de la liberté démocratique ne sont pas négociables », a-t-il écrit.

La France n’est pas le seul pays à demander la « libération immédiate » d’Alexeï Navalny. Plus tôt, Londres, Washington et Berlin ont formulé le même vœu. « Le verdict d’aujourd’hui contre Alexeï Navalny est un coup sévère contre les libertés fondamentales et l’Etat de droit en Russie », a par exemple déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas.

La Russie dénonce une « ingérence » occidentale

Des appels à sa libération dénoncés par le Kremlin qui pointe une « ingérence » occidentale. La porte-parole de la diplomatie russe a accusé les capitales occidentales d’être « déconnectées de la réalité » après leurs appels à libérer l’opposant.

« Il n’y a aucune raison de s’ingérer dans les affaires d’un Etat souverain. Nous recommandons que chacun s’occupe de ses propres problèmes », a encore déclaré Maria Zakharova, lors d’une interview au média RBK, citée par les agences russes.

Une décision « perverse »

De leur côté, les Etats-Unis ont exprimé leur « profonde préoccupation » après la condamnation de l’opposant russe Alexeï Navalny, appelant la Russie à le libérer « immédiatement et sans conditions ». « Tout en travaillant avec la Russie pour défendre les intérêts des Etats-Unis, nous allons nous coordonner étroitement avec nos alliés et partenaires afin que la Russie rende des comptes pour n’avoir pas respecté les droits de ses citoyens », a déclaré le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken dans un communiqué.

Le Royaume-Uni a dénoncé une décision « perverse » de la justice russe, qui montre que le pays de Vladimir Poutine ne remplit pas les « engagements les plus élémentaires attendus de la part de tout membre responsable de la communauté internationale ». Selon la cour chargée de le juger, Alexeï Navalny a violé les conditions du contrôle judiciaire qui accompagnait sa peine, comme cela lui était reproché dans une demande des services pénitentiaires et du parquet.

Il devra donc passer deux ans et demi en détention, selon son organisation, le Fonds de lutte contre la corruption qui a appelé à une manifestation immédiate, juste au pied du Kremlin.