Affaire Navalny : Condamné à une peine de prison ferme, l'opposant russe dénonce la répression et accuse Poutine

JUSTICE L'opposant à Vladimir Poutine a été condamnée à purger sa peine de trois ans et demi de prison

20 Minutes avec AFP
— 
Alexeï Navalny a été amené dans un camion sécurisé au tribunal chargé de le juger ce mardi 2 février.
Alexeï Navalny a été amené dans un camion sécurisé au tribunal chargé de le juger ce mardi 2 février. — Mikhail Tereshchenko/TASS/Sipa U/SIPA

« Le plus important dans ce procès est de faire peur à une quantité énorme de gens. On en emprisonne un pour faire peur à des millions », a déclaré l’opposant russe de 44 ans Alexeï Navalny au tribunal ce mardi. L’opposant a estimé que son affaire visait à mettre fin au mouvement de contestation croissant des Russes, avant de prononcer un réquisitoire contre Vladimir Poutine.

Ces poursuites contre le détracteur du Kremlin, qui a survécu à un empoisonnement en août, ont nourri de nouvelles tensions russo-occidentales et un mouvement de contestations en Russie. Dans un tribunal plein à craquer, l’opposant a adopté une attitude de défiance, interpellant les représentants du parquet et des services pénitentiaires, sous les yeux de sa femme Ioulia et de nombreux diplomates étrangers.

À l'issue de cette audience, le tribunal a ordonné une peine de prison ferme contre Navalny, entraînant un appel immédiat à manifester à Moscou de la part de ses soutiens. La juge Natalia Repnikova a indiqué que le détracteur du Kremlin devra purger trois ans et demi de prison de sa peine prononcée en 2014, moins les mois qu'il avait passés assigné à résidence cette année-là.

Poutine qualifié d'« empoisonneur de slips »

Il a dénoncé les milliers d’arrestations lors de manifestations de soutien ces deux derniers week-ends, les rassemblements d’opposition les plus importants depuis des années. « Vous ne pourrez pas emprisonner tout le pays ! », a-t-il martelé depuis la cage en verre réservée aux prévenus.

Puis Alexeï Navalny a répété que Vladimir Poutine était celui qui avait ordonné au FSB, les services de sécurité, de le tuer, en l’empoisonnant en août en Sibérie à l’aide d’un agent neurotoxique. Il « entrera dans l’histoire comme l’Empoisonneur de slips », a-t-il lâché.

Fin décembre, M. Navalny avait affirmé dans une vidéo avoir piégé au téléphone un agent du FSB en se faisant passer pour l’assistant d’un haut responsable, celui-ci révélant que le poison avait été appliqué sur un de ses sous-vêtements, subtilisé dans son hôtel lors d’un voyage en Sibérie.

Violation du contrôle judiciaire

L’affaire examinée par la cour concerne une plainte des services pénitentiaires, qui l’accusent d’avoir violé son contrôle judiciaire en ne pointant pas, se trouvant en convalescence en Allemagne, comme il aurait dû le faire dans le cadre d’une condamnation avec sursis remontant à 2014.

A l’audience mardi, les représentants de l’accusation ont réaffirmé vouloir que les trois ans et demi de prison avec sursis prononcés en 2014 contre M. Navalny soit transformés en sentence ferme. Le verdict de l’époque avait été dénoncé par la Cour européenne des droits de l’homme.