Nucléaire iranien : Téhéran veut une médiation européenne pour sauver l’accord de Vienne

NEGOCIATIONS Le ministre des Affaires étrangères iranien souhaite que Bruxelles contribue au rapprochement entre son pays et les Etats-Unis sur la question du nucléaire

20 Minutes avec AFP

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En Iran, le 1er février 2021.
En Iran, le 1er février 2021. — /PACIFIC PRESS/SIPA

Avec l’arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche, l’accord avec l’Iran sur le nucléaire pourrait connaître un second souffle. Pour réussir cette délicate mission de sauvetage, le ministre iranien des Affaires étrangères a demandé lundi à l’Union européenne de jouer les médiateurs entre son pays et les Etats-Unis.

« Il peut clairement y avoir un mécanisme pour soit synchroniser » le retour des deux pays dans les clous de l’accord, « soit coordonner ce qui peut être fait », a estimé Mohammad Javad Zarif sur CNN International. Selon lui, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell peut « mettre sa casquette de coordinateur de la commission conjointe » de suivi de l’accord de 2015 « et chorégraphier les mesures qui doivent être prises par les Etats-Unis et les mesures qui doivent être prises par l’Iran ».

L’accord de Vienne signé par Téhéran avec les grandes puissances (Etats-Unis, Chine, Russie, Allemagne, France, Royaume-Uni) ainsi que l’UE visait à empêcher la République islamique de se doter de la bombe atomique. La communauté internationale avait en échange levé toutes ses sanctions économiques contre l’Iran. Mais l’ex-président américain Donald Trump en a retiré Washington en 2018 et a rétabli puis durci les sanctions américaines.

Les conditions de Biden

Depuis, les Européens tentent « de trouver les moyens pour que les Etats-Unis reviennent dans l’accord et pour que l’Iran respecte à nouveau pleinement ses engagements », a d’ailleurs encore une fois déclaré lundi un porte-parole de la Commission européenne, avant que le ministre iranien ne formule sa proposition.

Joe Biden a pour sa part promis de rejoindre à nouveau ce texte, mais à condition que Téhéran revienne au préalable dans les clous de ses restrictions nucléaires, dont il a commencé à s’affranchir. Or la diplomatie iranienne avait jusqu’ici réclamé que l’administration Biden fasse le premier pas, en levant les sanctions avant toute chose. La proposition de Mohammad Javad Zarif semble ouvrir la porte pour la première fois à un processus « synchronisé », même s’il réaffirme que les Américains, qui ont quitté l’accord, doivent d’abord « démontrer leur bonne foi ».

« Le timing n’est pas le problème »

Dans un entretien avec la chaîne américaine NBC diffusé lundi, le nouveau secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a estimé qu’il faudrait « un certain temps » pour que l’Iran revienne dans les clous, puis encore « un certain temps » pour que les Etats-Unis « évaluent s’ils ont bien tenu leurs engagements ». « Le timing n’est pas le problème », lui a répondu son homologue iranien. Selon lui, certaines limites peuvent être à nouveau respectées « en moins d’un jour », « d’autres peuvent prendre quelques jours ou semaines, mais cela ne prendra pas plus de temps qu’il faut aux Etats-Unis pour appliquer des décrets présidentiels nécessaires » pour lever les sanctions.