Destitution de Donald Trump : Qui sont les nouveaux avocats de l’ex-président américain ?

ETATS-UNIS Lâché par son équipe, Donald Trump s'est tourné vers un ancien procureur qui avait refusé de poursuivre Bill Cosby et vers un avocat pénaliste qui était en discussions pour représenter Jeffrey Epstein

P.B. avec AFP

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Donald Trump à son arrivée en Floride le 20 janvier 2021.
Donald Trump à son arrivée en Floride le 20 janvier 2021. — Lynne Sladky/AP/SIPA

Donald Trump rebat les cartes. Lâché par cinq de ses avocats à une semaine du début de son procès en destitution devant le Sénat, l’ex-locataire de la Maison Blanche a annoncé dimanche avoir embauché deux nouveaux conseils. Un changement de dernière minute qui serait dû à une divergence sur sa stratégie : selon CNN, Donald Trump ne veut pas simplement que son équipe conteste la constitutionnalité de son procès, mais qu’elle plaide également la thèse d’une fraude massive lors de l’élection présidentielle.

Les « très respectés avocats plaidants » David Schoen et Bruce Castor Jr vont désormais diriger son équipe, a indiqué Donald Trump dans un communiqué. Castor est un ancien procureur de Pennsylvanie, qui avait refusé d’engager des poursuites contre Bill Cosby en 2005, assurant qu’il n’y avait pas assez de preuves permettant de convaincre un jury « au-delà du doute raisonnable ».

David Schoen, lui, est spécialisé dans « les procès pour les droits civils en Alabama et la défense pénale fédérale à New York, y compris pour les cols blancs et dans d’autres affaires complexes ». Il avait rencontré Jeffrey Epstein quelques jours avant sa mort pour discuter d’une possible représentation. Il a indiqué à plusieurs reprises dans les médias qu’il ne croyait pas à la thèse du suicide car le financier inculpé pour trafic sexuel de mineures était, selon lui, « optimiste et impatient » de se défendre. David Schoen a également représenté l’ex-conseiller de Donald Trump Roger Stone lors de son procès dans le cadre de l’enquête de Robert Mueller.

Un procès sans grand suspense

Le procès de Donald Trump, mis en accusation à la Chambre pour « incitation à l’insurrection » après les violences de ses supporteurs au Capitole, doit démarrer le 9 février. Cela ne laisse pas vraiment beaucoup de temps à sa nouvelle équipe pour préparer sa défense. Mais ce rebondissement ne devrait pas avoir d’impact majeur pour l’ancien président, car les élus républicains semblent décidés à serrer les rangs.

La semaine dernière, seulement cinq républicains ont voté avec les démocrates pour confirmer la tenue du procès – les autres estiment que juger un président après la fin de son mandat n’est pas constitutionnel. Il n’est pas exclu que certains changent d’avis, comme l’influent Mitch McConnell. Mais sauf rebondissement, on devrait être loin d’une majorité des deux tiers, qui nécessiterait la défection de 17 républicains. Donald Trump devrait logiquement échapper à une destitution, mais aussi à un second vote sur une éventuelle inéligibilité.