Affaire Alexeï Navalny : Plus de 5.000 arrestations en Russie lors de manifestations dimanche

CONTESTATION Ces arrestations ont été immédiatement condamnées par les Etats-Unis, l’Union européenne et le Canada

20 Minutes avec AFP

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Des partisans de Alexei Navalny, à Novosibirsk le 31 janvier 2021.
Des partisans de Alexei Navalny, à Novosibirsk le 31 janvier 2021. — Kirill Kukhmar/TASS/Sipa USA/SIP

Malgré la pression croissante des autorités, l’opposition russe ne semble pas plier. La police russe a procédé, dimanche, à plus de 5.000 interpellations au cours de nouvelles manifestations en Russie pour exiger la libération de l’opposant Alexeï Navalny. Ces arrestations ont été immédiatement condamnées par les Etats-Unis, l’Union européenne et le Canada. Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken regretté les « tactiques brutales » de la police contre des « manifestants pacifiques », la diplomatie russe dénonçant quant à elle l'« ingérence grossière » des Etats-Unis dans ses « affaires intérieures ».

Le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, a « déploré les interpellations massives » et « l’usage disproportionné de la force » contre les manifestants et les journalistes. « Les gens doivent avoir la possibilité d’exercer le droit de manifester sans crainte de répressions », a-t-il déclaré sur Twitter. « Nous exhortons la Russie à libérer les personnes détenues, à respecter ses engagements internationaux et à protéger la liberté de la presse », a réagi le chef de la diplomatie canadienne Marc Garneau dans un tweet.

Moscou bloquée

Dans la capitale russe, recouverte par une fine couche de neige, manifestants et policiers antiémeutes présents en masse ont joué au chat et à la souris toute la journée de dimanche, au rythme des consignes édictées sur les réseaux sociaux par l’équipe d’Alexeï Navalny.

Le centre de Moscou a été totalement bouclé, à commencer par la place de la Loubianka, où se trouve le siège des services de sécurité (FSB), devant lequel les protestataires espéraient à l’origine se rassembler. Face aux barrages de la police, qui a aussi fermé plusieurs stations de métro, ils ont préféré se diriger vers le centre de détention dans lequel est emprisonné Alexeï Navalny, mais sans y parvenir pour la plupart, avant de rejoindre à nouveau le centre-ville.

La comparution de l’opposant attendue la semaine prochaine

Devant se réunir à l’origine devant le siège des services de sécurité (FSB), les groupes de manifestants se sont dirigés vers le centre de détention où est enfermé Alexeï Navalny, mais sans y parvenir pour la plupart, avant de rejoindre à nouveau le centre-ville.

Ces rassemblements font suite à une première journée de manifestations le 23 janvier, qui a réuni des dizaines de milliers de Russes dans tout le pays et qui s’était soldée par plus de 4.000 interpellations et l’ouverture d’une vingtaine d’affaires pénales. Alexeï Navalny doit comparaître devant des juges, la semaine prochaine. L’opposant est visé par une multitude de procédures judiciaires depuis son retour en Russie le 17 janvier, qu’il considère comme politiquement motivées.

Ses principaux soutiens assignés à résidence

La plupart de ses proches alliés, dont son frère Oleg et la figure montante de l’opposition, Lioubov Sobol, ont été assignés à résidence vendredi par la justice russe, deux jours après une série de perquisitions ayant notamment visé le domicile de sa femme Ioulia et les locaux de son organisation, le Fonds de lutte contre la corruption. Les jours précédents, les autorités ont multiplié les mises en garde aux partisans de Navalny, le parquet et la police affirmant notamment que les manifestants pourraient être poursuivis pour « émeutes de masse » si les rassemblements se soldaient par la violence.

Les protestations sont aussi alimentées par la diffusion d’une enquête de l’opposant accusant

​ de bénéficier d’un immense et opulent « palais » à plus d’un milliard d’euros sur les rives de la mer Noire, vue plus de 100 millions de fois sur YouTube. Le président a démenti des accusations destinées à « laver le cerveau » des Russes, tandis que la télévision publique a diffusé des images montrant la résidence encore en travaux, loin du luxe décrit par l’opposant.