Coronavirus : Le projet du Pentagone de vacciner les détenus de Guantanamo suspendu

POLEMIQUE La décision de vacciner les prisonniers avait provoqué une controverse au regard du manque de vaccins pour la population américaine

20 Minutes avec AFP

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La prison de Guantanamo, le 17 avril 2019.
La prison de Guantanamo, le 17 avril 2019. — Alex Brandon/AP/SIPA

Le tollé provoqué par le manque de vaccins pour le personnel médical et les Américains âgés et vulnérables a contraint les autorités américaines à revoir leur plan. Le Pentagone a indiqué samedi avoir suspendu son projet visant à faire vacciner contre le Covid-19 les détenus de Guantanamo.

« Aucun détenu de Guantanamo n’a été vacciné », a tweeté le porte-parole du Pentagone John Kirby. « Nous mettons une pause au développement du plan, pour réévaluer les protocoles. Nous restons engagés envers nos obligations de maintenir nos troupes en sécurité », a-t-il ajouté.

Auparavant dans la semaine, le département de la Défense avait dit à la presse américaine que des vaccins contre le coronavirus allaient être proposés aux détenus et prisonniers de Guantanamo qui se porteraient volontaires. Des élus américains se sont aussitôt déclarés scandalisés, dont le républicain, Kevin McCarthy. « Le président Biden nous a dit qu’il avait un plan pour vaincre le virus (…). Il ne nous a pas dit qu’il entendait donner le vaccin aux terroristes avant la plupart des Américains », a-t-il lancé sur Twitter.

Les engagements de Biden

Le président Joe Biden s’est engagé à parvenir à vacciner 100 millions d’Américains dans les premiers 100 jours après sa prise de fonctions, mais le processus vacille en raison de diverses difficultés techniques ainsi que d’un manque de vaccins. Selon des responsables américains de la Santé, sur les 50 millions de doses déjà distribuées dans le pays, moins de 30 millions y ont été administrées.

La prison américaine de Guantanamo, à Cuba, accueille des détenus liés à la « guerre contre le terrorisme » dont le Pakistanais Khaled Cheikh Mohammed, le cerveau autoproclamé des attentats du 11 septembre 2001. Elle abrite encore une quarantaine de détenus, dont 26 sont considérés comme trop dangereux pour être libérés, mais les procédures légales s’éternisent en raison de la complexité de leurs dossiers.