L'économie américaine a connu en 2020 sa pire année depuis 1946

ECONOMIE La crise du Covid-19 a provoqué une contraction du PIB de 3,5% par rapport à 2019, selon une estimation du département du Commerce. C’est plus que ce qui était attendu. En cause : le rebond de l’épidémie cet automne

20 Minutes avec AFP

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La crise du Covid-19 a provoqué une contraction du PIB de 3,5% par rapport à 2019, selon une estimation du département du Commerce.
La crise du Covid-19 a provoqué une contraction du PIB de 3,5% par rapport à 2019, selon une estimation du département du Commerce. — Bridget BENNETT / AFP

L'économie américaine a connu en 2020 sa pire année depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, mais la campagne de vaccination en cours et le dernier plan de soutien à l'économie laissent espérer une reprise en 2021.

La crise du Covid-19 a provoqué une contraction du PIB de 3,5% par rapport à 2019, selon l'estimation préliminaire du département du Commerce publiée jeudi. C'est plus que ce qu'attendait la Banque centrale américaine (Fed), qui tablait sur une contraction de 2,5%, comme en 2009, lors de la Grande récession qui avait suivi la crise financière.

Une croissance très pénalisée par la reprise du virus cet automne

La croissance aux Etats-Unis a été très pénalisée par la reprise du virus à partir de l'automne, après un rebond estival. Les Etats ont dû prendre de nouvelles mesures de restrictions entravant l'activité.

«La contraction du PIB en 2020 a reflété le recul (des dépenses de consommation), des exportations, des investissements (privés et publics), qui a été en partie contrebalancé par les dépenses du gouvernement fédéral» notamment, détaille le département du Commerce, précisant que «les importations ont diminué». Les dépenses de consommation des ménages, qui représentent près des trois quarts de l'économie américaine, ont en effet chuté de 3,9% par rapport à l'année précédente.

La plus forte hausse du revenu personnel disponible depuis 1984 en revanche

Paradoxalement, ces chiffres montrent «la plus forte hausse du revenu personnel disponible depuis 1984 (+6%)», relève dans un tweet l'économiste Jason Furman, professeur à Harvard et ancien membre du comité économique de la Maison Blanche sous Barack Obama.

Le gigantesque plan de relance de 2.200 milliards de dollars adopté en mars a en effet permis aux Américains de garnir leurs porte-monnaies au début de la crise. Mais l'expiration des mesures d'aides les a contraints à utiliser cette épargne pour les dépenses de première nécessité.

Les inégalités, la priorité de Biden ?

Les inégalités, déjà fortes dans le pays, se sont accentuées ces derniers mois. Le nouveau président Joe Biden et sa secrétaire au Trésor Janet Yellen ont promis de s'y attaquer, et d'en faire une priorité.

Après dix années de croissance, la première économie du monde s'est donc de nouveau enfoncée dans la récession, et il faut remonter à 1946 pour trouver une contraction du PIB plus forte que celle de 2020. La démobilisation après la Seconde guerre mondiale avait brusquement mis fin à la construction de matériel militaire sur le sol américain.

En 2019, la croissance avait été de 2,1%, un rythme déjà ralenti par rapport aux 2,9% de 2018. Cette bonne santé économique était un des arguments de campagne de l'ancien président Donald Trump pour sa réélection.

Un taux de chômage qui tourne autour de 10 %

Les dommages provoqués par le Covid-19 sur le marché du travail restent extrêmement importants: 18,3 millions de personnes touchaient une allocation chômage début janvier, soit 2,3 millions de plus que la semaine précédente.

Le nombre total de bénéficiaires d'une allocation a fortement augmenté grâce à la prolongation des aides décidée par le Congrès, selon les données publiées jeudi par le département du Travail. Le président de la Fed Jerome Powell a même prévenu mercredi que le véritable taux de chômage tourne autour de 10%, loin des 6,7% officiels. Des milliers de petites entreprises ont fait faillite, tandis que celles qui subsistent sont confrontées à des problèmes de trésorerie.

L’espoir de jours meilleurs à partir du printemps ?

Mais après un hiver qui s'annonce encore rude, le printemps et l'été devraient être radieux, lorsqu'une large partie de la population aura pu être vaccinée, et que l'activité économique pourra doucement reprendre. Les économistes attendent un mini boom, et, pour 2021, le FMI table sur 5,1% de croissance, soit le plus haut niveau depuis 1984.

Joe Biden a présenté un plan de sauvetage de 1.900 milliards de dollars qui, s'il est adopté par le Congrès, pourrait apporter 5% de croissance supplémentaire sur trois ans. La Fed table, elle, sur une croissance de 4,2% en 2021 et de 3,2% en 2022.