Ecailles de pangolins et défenses d’éléphants... Près de neuf tonnes de marchandises saisies au Nigeria

ANIMAUX La valeur de la marchandise est estimée à plus de deux millions d’euros

20 Minutes avec agences

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Ecailles de pangolins et défenses d’éléphants... Près de neuf tonnes de marchandises saisies au Nigeria (Illustration)
Ecailles de pangolins et défenses d’éléphants... Près de neuf tonnes de marchandises saisies au Nigeria (Illustration) — Yingboon Chongsomchai/ZSL/SIPA

Le Nigeria a saisi huit tonnes d’écailles de pangolin et une soixantaine de sacs remplis d’ivoire ou d’os d’animaux protégés à destination du Vietnam, a annoncé ce mercredi un responsable des douanes. La marchandise, saisie dans le port de Lagos le 21 janvier, était dissimulée dans un container de meubles.

« Le conteneur a été ouvert et nous avons vu des bûches de bois qui cachaient la cargaison », a précisé Mohammed Abba-Kura, le contrôleur général des douanes.

Une valeur estimée à plus de deux millions d’euros

« Après une fouille complète, on a découvert 162 sacs d’écailles de pangolin, ainsi que 57 sacs remplis de défenses d'éléphants, d’os de lions et autres… pour un poids total de 8,8 tonnes » et une valeur estimée à plus de deux millions d’euros, a ajouté le responsable.

Le Nigeria, pays de 200 millions d’habitants gangrené par la corruption, est devenu une plaque tournante des trafics des animaux pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. Bien que le commerce d’ivoire soit officiellement interdit au Vietnam depuis 1992, le pays est un marché de choix pour les défenses d’éléphant, en plus d’être un point de transit vers la Chine voisine.

Un million de pangolins chassés ces dix dernières années

Le commerce illégal d’ivoire est la troisième forme de trafic la plus rentable après les stupéfiants et les armes. L’ivoire peut atteindre jusqu’à 7.000 euros le kilo. Les écailles de pangolins sont recherchées en Asie du Sud-Est pour leurs prétendues propriétés médicinales contre l’acné, le cancer ou l’impuissance.

Les pangolins, soupçonnés d’avoir été l’hôte intermédiaire qui aurait permis la transmission du coronavirus de la chauve-souris à l’espèce humaine, ont été retirés cette année de la pharmacopée officielle chinoise. Début janvier, la Chine a condamné 17 trafiquants​ qui avaient introduit depuis le Nigeria des quantités astronomiques d’écailles de pangolin (23 tonnes, évaluées à plus de 22 millions d’euros) entre 2018 et 2019.

Un million de pangolins ont été chassés dans les forêts d’Afrique et d’Asie au cours des dix dernières années, à mesure que l’appétit pour le quadrupède s’envolait en Chine ou au Vietnam.