Le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa, ici en 2016
Le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa, ici en 2016 — FRANCISCO LEONG AFP

LEGISLATION

Portugal : Le Parlement s’apprête à dépénaliser l’euthanasie

Seuls les « citoyens nationaux résidant légalement en territoire national » ayant pris une décision « libre et éclairée » pourraient y avoir recours

Une loi autorisant « la mort médicalement assistée » au Portugal sera soumise ce vendredi au vote final des députés, ouvrant la voie à ce que le pays devienne le quatrième en Europe à dépénaliser l’euthanasie. La version finale du texte, rendue publique ce mardi, prévoit que seuls les « citoyens nationaux résidant légalement en territoire national », ayant pris une décision « libre et éclairée », pourront y avoir recours.

La loi s’appliquera aux personnes majeures se trouvant « dans une situation de souffrance extrême, présentant des lésions irréversibles » ou atteintes « d’une maladie incurable et mortelle ». La majorité de gauche au Parlement avait adopté en février 2020 cinq propositions de loi sur l’euthanasie, déposées par le Parti socialiste au pouvoir, le Bloc de gauche (extrême gauche), le parti animalier PAN, les Verts et un député libéral.

La Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas ont légalisé

Depuis, un groupe de travail avait été chargé de fusionner ces propositions afin de parvenir à la rédaction d’un texte commun. Si la loi est définitivement adoptée par le Parlement ce vendredi, elle sera envoyée au président conservateur Marcelo Rebelo de Sousa, qui pourra ensuite la promulguer, la soumettre à l’analyse de la Cour constitutionnelle ou y opposer son véto, qui serait toutefois annulé par un deuxième vote des députés.

Réélu ce dimanche pour un second mandat, le chef de l’Etat est un fervent catholique mais a jusqu’ici évité de prendre ouvertement position sur le sujet. En Europe, trois pays ont déjà légalisé l’euthanasie : la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas.

L’Espagne voisine a également ouvert la voie à sa dépénalisation en décembre dernier, quand la chambre des députés a approuvé en première lecture un projet de loi gouvernemental reconnaissant le droit à l’euthanasie sous strictes conditions. Le texte doit encore être approuvé par le Sénat.