Administration Biden : Le très francophile Antony Blinken confirmé comme secrétaire d’Etat

ETATS-UNIS Blinken, qui a grandi en France, a promis de « revigorer » les alliances internationales, notamment sur le nucléaire iranien

P.B. avec AFP

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Le secrétaire d'Etat de l'administration Biden, Antony Blinken, ici en 2015 aux côtés de Ségolène Royal.
Le secrétaire d'Etat de l'administration Biden, Antony Blinken, ici en 2015 aux côtés de Ségolène Royal. — MLADEN ANTONOV/AP/SIPA

Le français est presque sa langue maternelle. Antony Blinken, qui a grandi à Paris, a été confirmé par le Sénat américain au poste de secrétaire d’Etat, mardi. Grand défenseur des alliances internationales, celui qui tutoie Jean-Yves Le Drian devrait rechercher le consensus sur les dossiers bouillants, notamment sur l’Iran. Mais défendra avant tout les intérêts américains.

Antony Blinken a été confirmé par 78 voix contre 22, une marge beaucoup plus confortable que ses prédécesseurs républicains Rex Tillerson et Mike Pompeo (56 et 57 voix favorables). De nombreux républicains ont voté pour celui qui sera chargé de négocier un éventuel retour des Etats-Unis dans l’accord sur le nucléaire iranien.

Enfance en France

Après le divorce de ses parents, Antony Blinken suit sa mère à Paris, où il vit entre 9 et 18 ans, effectuant toute sa scolarité à l’école privée Jeannine Manuel. Il en garde une maîtrise parfaite du français, et une ouverture à l’international. Comme le rappelle la Nouvelle république, il est également membre de la fondation de Jean-Pierre Raffarin.

Avocat de formation, il rejoint l’administration Clinton au Conseil de sécurité nationale. Comme Joe Biden, cet interventionniste soutient l’invasion américaine de l’Irak de 2003. Proche de Biden, il le conseille sur les questions de sécurité nationale de 2009 à 2013 puis devient l’adjoint de John Kerry à la diplomatie pour les deux dernières années du mandat de Barack Obama.

Le nucléaire iranien, dossier brûlant

Lors de son audition devant le Congrès, en novembre, il a promis de « revigorer » les alliances et de ramener les Etats-Unis « en première ligne » du multilatéralisme, après l'« America First » de Donald Trump. Antony Blinken a confirmé que le gouvernement de Joe Biden était prêt à revenir dans l’accord sur le nucléaire iranien à condition que Téhéran respecte à nouveau ses engagements. Son adjointe, Wendy Sherman, était d’ailleurs la négociatrice en chef des Etats-Unis de l’accord signé à Vienne en 2015.

Avec des violations à répétition de Téhéran ces derniers mois, le temps presse : selon Jean-Yves Le Drian, « l’Iran est en train de se doter de la capacité nucléaire ». « S’ils sont sérieux sur les négociations et s’ils veulent obtenir un réengagement de l’ensemble des parties prenantes au JCPOA (l’accord sur le nucléaire), d’abord il faut qu’ils s’abstiennent d’autres provocations et deuxièmement qu’ils respectent ce qu’ils ne respectent plus, c’est-à-dire leurs obligations », a souligné l’Elysée mardi.