Coronavirus : Bruxelles recommande de nouvelles restrictions pour les zones les plus touchées

EPIDEMIE L’exécutif européen veut « décourager fortement » les déplacements non essentiels, tout spécialement vers et depuis ces régions les plus touchées

20 Minutes avec AFP

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Le siège de la Commission européenne, à Bruxelles.
Le siège de la Commission européenne, à Bruxelles. — Isa Harsin / Sipa

Soucieuse d’éviter des fermetures de frontières au sein de l’UE, la Commission européenne a recommandé, ce lundi, aux Etats membres de mettre en place de nouvelles restrictions de déplacement pour les zones les plus touchées par le coronavirus, y compris pour certains voyages essentiels.

La Commission européenne propose d’ajouter une nouvelle catégorie de zones à la carte sanitaire européenne publiée chaque semaine par l’agence chargée de la surveillance de l’épidémie, l’ECDC.

Entre « dix et 20 » pays européens concernés

Ces zones « rouge foncé » correspondent à celles dont le taux d’incidence du Covid-19 est supérieur ou égal à 500 cas pour 100.000 habitants sur quatorze jours. « Il y a un besoin urgent de réduire le risque des infections liées aux voyages afin d’alléger le fardeau sur des systèmes de santé débordés », a déclaré le commissaire européen Didier Reynders. Il a précisé que, selon une simulation, entre « dix et 20 » pays dans l’UE comportent des zones « rouge foncé ».

L’exécutif européen veut « décourager fortement » les déplacements non essentiels, tout spécialement vers et depuis ces régions. Pour tenter de coordonner les mesures nationales, il préconise que les personnes en provenance de ces régions soient soumises à un test avant leur arrivée et à une quarantaine une fois à destination.

Pour ces zones les plus à risque, tests et quarantaine devraient s’appliquer même en cas de voyage essentiel. Ces obligations concernent donc également les travailleurs du secteur de la santé et les personnes qui se déplacent pour des motifs familiaux et professionnels impératifs. Ces mesures ne doivent toutefois pas avoir d’impact « disproportionné » sur leur activité. Et une exception est prévue pour les travailleurs du secteur du transport.

Vers un formulaire de localisation des passagers européens obligatoire ?

Les personnes habitant près d’une frontière, qui doivent fréquemment la traverser pour des raisons familiales ou professionnelles, devraient cependant être exemptées de quarantaine et être testées de façon « proportionnée ». Si la situation épidémiologique est la même de part et d’autre d’une frontière, aucun test ne devrait leur être imposé. La Commission insiste par ailleurs sur la nécessité de maintenir la fluidité du transport de marchandises grâce à des voies réservées.

Concernant les voyageurs en provenance de pays hors UE, la Commission européenne préconise des tests PCR 72 heures avant le départ. Les citoyens européens toutefois doivent pouvoir se faire tester à l’arrivée. La Commission travaille aussi à la mise en place d’un formulaire de localisation des passagers européens, qu’elle veut rendre obligatoire. Un tel document, à remplir par les voyageurs pour se déplacer dans l’UE, est déjà en vigueur en Belgique. Les recommandations de la Commission sont désormais soumises pour approbation au Conseil, institution représentant les Etats membres.