Allemagne : Un dirigeant régional piégé par une nouvelle application mobile à la mode

BOURDE Bodo Ramelow s'est laissé allé à des confidences avec des journalistes sur l'application de chats audio, Clubhouse 

20 Minutes avec AFP

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Bodo Ramelow devrait lâcher un peu son téléphone.
Bodo Ramelow devrait lâcher un peu son téléphone. — Jens Schlueter / AFP

Un dirigeant régional allemand est sous le feu des critiques après avoir confié sur Clubhouse, une nouvelle application à la mode permettant de participer à des chats audio, qu’il jouait sur son téléphone pendant les négociations sur la pandémie et s’être moqué d’Angela Merkel.

Bodo Ramelow, ministre-président de Thuringe (est), n’avait pas mesuré la popularité de Clubhouse, une nouvelle application qui permet de participer, sur invitation, à des chats audios et de bâtir de véritables centres de conférence virtuels.

« Petite Merkel »

Invité ce week-end d’un échange avec des journalistes, ce dirigeant régional, le seul issu de la gauche radicale Die Linke, s’est laissé aller à des confidences, sans imaginer que des extraits de son intervention se retrouveraient dans la presse. Bodo Ramelow a ainsi confié jouer au jeu Candy Crush pendant les longues et régulières séances de négociations en visioconférence entre la chancelière et les 16 Etats-régions à propos des restrictions anti-Covid.

Durant ces négociations qui peuvent s’étaler sur plusieurs heures, « certains jouent au Sudoku, d’autres aux échecs ou au Scrabble sur leur téléphone, et moi à Candy Crush », a confié Bodo Ramelow. Dans cette discussion sur Clubhouse, Bodo Ramelow évoque aussi avec légèreté la chancelière, baptisée « petite Merkel », («Merkelchen »). Il a depuis présenté ses excuses à Angela Merkel. « Rabaisser le nom de la chancelière était un acte d’ignorance masculine », a-t-il reconnu. Ces confidences, que Bodo Ramelow pensait réservées à un cercle restreint, ont placé le dirigeant régional au centre des critiques.

Un comportement qui passe mal

L’affaire tombe mal en effet pour Bodo Ramelow, qui s’était frontalement opposé en octobre à Angela Merkel et à sa volonté d’imposer des restrictions plus dures. Bodo Ramelow et d’autres dirigeants régionaux avaient eu finalement gain de cause, quelques semaines avant que l’Allemagne se retrouve submergée par la seconde vague épidémique. Bodo Ramelow a d’ailleurs depuis exprimé des regrets et admis que la chancelière avait eu « raison » de militer pour des mesures plus dures. L’imaginer jouer à Candy Crush pendant ces discussions passe d’autant plus mal.

« S’il s’avère que Bodo Ramelow joue aux jeux sur téléphone portable pendant la conférence, alors il devrait revoir son comportement », a réagi le ministre de l’Intérieur de Thuringe, le social-démocrate Georg Maier. « Soit c’est une expression de l’arrogance du pouvoir, soit de la fatigue », a fustigé le chef de file des chrétiens-démocrates en Thuringe, Christian Hirte. Le vice-président du parti libéral FDP, Michael Theurer, a lui appelé les personnalités politiques à plus d'« autocontrôle » sur les réseaux sociaux.