Venezuela – Etats-Unis : Nicolas Maduro tend la main à Joe Biden

DIPLOMATIE Sur la ligne de l’administration Trump, le futur chef de la diplomatie américaine continue cependant de qualifier Nicolas Maduro de « dictateur brutal »

20 Minutes avec AFP

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Le président du Venezuela, Nicolas Maduro, à Caracas le 22 janvier 2021.
Le président du Venezuela, Nicolas Maduro, à Caracas le 22 janvier 2021. — Matias Delacroix/AP/SIPA

Les relations entre les Etats-Unis et le Venezuela vont-elles évoluer favorablement ? C’est en tout cas ce que semble souhaiter le président vénézuélien. Nicolas Maduro a en effet appelé samedi son nouvel homologue américain Joe Biden à « tourner la page », se déclarant prêt à ouvrir « une nouvelle voie » dans les relations diplomatiques rompues il y a deux ans entre Caracas et Washington.

« Nous sommes prêts à suivre une nouvelle voie dans nos relations avec le gouvernement de Joe Biden, sur la base du respect mutuel, du dialogue, de la communication et de la compréhension », a déclaré Nicolas Maduro dans un discours adressé à ses partisans.

« Trump est parti ! »

« Le Venezuela, ce Venezuela du XXIe siècle, bolivarien et révolutionnaire, est prêt à tourner la page » des querelles diplomatiques avec l’administration de Donald Trump. Celle-ci a imposé de multiples sanctions économiques au Venezuela, dont un embargo sur le pétrole depuis 2019, première ressource du pays, afin de renverser le régime socialiste de Nicolas Maduro qualifié de « dictateur ». Les Etats-Unis avaient également reconnu, comme plus de 50 pays dans le monde, l’opposant Juan Guaido. Celui-ci s’était autoproclamé président par intérim du Venezuela le 23 janvier 2019.

« Il y a deux ans, j’ai dû réagir avec force et dignité et, d’ici même, j’ai procédé en tant que chef de l’Etat à la rupture de toutes les relations politiques et diplomatiques avec le gouvernement américain de l’époque », a poursuivi le président du Venezuela. « Trump est parti ! », s’est-il félicité.

Dès la victoire de Joe Biden à la présidentielle américaine en novembre, Nicolas Maduro l’avait félicité et s’était dit « prêt au dialogue et à la bonne entente avec le peuple et le gouvernement des Etats-Unis ». Des appels réitérés en décembre. Antony Blinken, désigné par Joe Biden pour être son secrétaire d’Etat, a toutefois déclaré que la Maison-Blanche continuerait à reconnaître Juan Guaido. Le futur chef de la diplomatie américaine a par ailleurs qualifié Nicolas Maduro de « dictateur brutal ».

Des législatives contestées

Ce soutien renouvelé au chef de l’opposition vénézuélienne est intervenu malgré la nouvelle majorité chaviste au Parlement, issue des élections du 6 décembre boycottées par l’opposition, qui les dit frauduleuses. Elles n’ont pas été reconnues par les Etats-Unis, l’Union européenne ni plusieurs pays d’Amérique latine.

Même si un allégement des sanctions ne semble pas à l’ordre du jour, les analystes estiment que l’administration Biden se montrera sans doute plus modérée que la précédente et qu’elle plaidera en faveur d’une médiation internationale en vue d’une transition progressive du pouvoir au Venezuela.