Emmanuel-Philibert de Savoie demande pardon aux Juifs pour les lois raciales de Mussolini

ITALIE Son arrière-grand-père, alors roi d’Italie, avait signé les lois antisémites du « Duce »

G. N. avec AFP

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Emmanuel-Philibert de Savoie, le 2 février 2019.
Emmanuel-Philibert de Savoie, le 2 février 2019. — P LE FLOCH/SIPA

Emmanuel-Philibert de Savoie – descendant du roi d’Italie Victor Emmanuel III qui collabora avec le régime fasciste de Benito Mussolini — a demandé pardon à la communauté juive italienne pour les lois raciales qui ont entraîné la déportation de près de 8.000 juifs italiens à partir de 1943. « Je condamne les lois raciales de 1938, dont je sens encore aujourd’hui tout le poids sur mes épaules et avec moi toute la maison royale de Savoie », écrit le prince de 48 ans, en se dissociant de la signature apposée par son arrière-grand-père à « un document inacceptable ».

Et en mémoire aux victimes italiennes de l’Holocauste, il demande « officiellement pardon » au nom de sa famille, selon cette lettre diffusée sur son compte Facebook et commentée dans un entretien à une chaîne de télévision italienne. Le prince rappelle toutefois aussi que sa famille a contribué de manière déterminante à l’unité italienne et qu’elle accorda en 1848 une pleine égalité de droits aux Italiens juifs, tandis que plusieurs de ses membres furent déportés dans des camps de concentration nazis.

Fin de la royauté par référendum

Victor Emmanuel, qui régna de 1900 jusqu’à son abdication le 9 mai 1946, est mort en exil en Egypte le 28 décembre 1947. Il a abdiqué en mai 1946 pour céder le trône à son fils Humbert II, qui a dû l’abandonner un mois plus tard et partir en Suisse quand les Italiens, appelés à se prononcer par référendum, ont choisi la République, punissant ainsi la famille pour sa collaboration.

Pendant un demi-siècle, la Constitution de 1946 a banni d’Italie les anciens couples royaux et les héritiers mâles de la famille de Savoie, qui avait régné depuis l’unification du pays en 1861. Le Parlement a finalement modifié cette disposition en 2002, après que Victor-Emmanuel de Savoie, 83 ans, et son fils Emmanuel-Philibert, eurent juré fidélité à la République.

Les deux hommes avaient réclamé en 2007 dans une lettre au président de la République 260 millions d’euros de dédommagements moral pour l’exil subi ainsi que la restitution des biens de la famille, confisqués par l’Etat. Mais ils avaient renoncé face au tollé soulevé en Italie par leur requête. Emmanuel-Philibert a surtout fait parler de lui dans la presse mondaine en se mariant en grande pompe avec l’actrice française Clotilde Courau en 2003.