Coronavirus : L’Union européenne appelle à limiter le plus possible les voyages entre pays

VOYAGE VOYAGE La situation sanitaire est jugée « très grave » par les Vingt-Sept

20 Minutes avec AFP

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Charles Michel, président du Conseil européen, et Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne.
Charles Michel, président du Conseil européen, et Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne. — Olivier Hoslet/AP/SIPA

L’Union européenne a appelé à éviter les voyages non essentiels entre les pays du bloc pour faire face à la menace des nouveaux variants du coronavirus, jugeant la situation sanitaire « très grave », à l’issue d’un sommet des Vingt-Sept par vidéoconférence jeudi. La France a annoncé dans la foulée qu’elle imposerait à partir de dimanche aux voyageurs en provenance d’autres pays européens la présentation d’un test PCR réalisé soixante-douze heures avant le départ. Une obligation qui ne concerne toutefois pas les voyages essentiels, les travailleurs frontaliers.

« Nous sommes de plus en plus inquiets au sujet des différents variants » du coronavirus, a reconnu Ursula von der Leyen. Elle a proposé une nouvelle définition plus précise des zones à risques du point de vue sanitaire, avec une nouvelle catégorie « rouge sombre ». Au sein de l’UE, les voyageurs en provenance de ces régions pourraient être soumis à l’obligation de subir un test avant leur départ et de se mettre en quarantaine à leur arrivée. Concernant les pays hors UE, « nous proposerons des mesures de sécurité supplémentaires pour les voyages essentiels vers l’Europe, par exemple en exigeant un test avant le départ », a-t-elle ajouté.

Eviter le chaos du printemps 2020

Le contrôle des frontières est une prérogative nationale, mais les Européens tentent de se coordonner pour préserver le fonctionnement du marché intérieur, le transport de marchandises et le quotidien des travailleurs transfrontaliers. Ils veulent éviter le chaos qui avait suivi les fermetures de frontières en ordre dispersé lors de l’arrivée de l’épidémie au printemps dernier. Von der Leyen a aussi appelé à accélérer la vaccination, en protégeant 70 % de la population adulte avant la fin de l’été et 80 % des membres du personnel de santé et des plus de 80 ans d’ici à mars. « C’est un effort énorme mais c’est faisable », a-t-elle martelé.

Le président du Conseil européen Charles Michel a assuré que « tous les moyens possibles » seraient « examinés pour assurer un approvisionnement rapide » en vaccins, alors que les retards de livraisons de Pfizer-BioNTech -l’un des deux autorisés dans l’UE- ont contraint plusieurs pays à ralentir leur calendrier initial. Outre Pfizer-BioNTech, le vaccin Moderna est également autorisé dans l’UE et l’avis de l’Agence européenne des médicaments (EMA) sur celui d’AstraZeneca, déjà utilisé au Royaume-Uni, doit intervenir avant la fin du mois.

Signe d’une impatience croissante, quatre pays -Autriche, Grèce, République tchèque et Danemark- avaient écrit une lettre à Charles Michel pour réclamer que le processus d’approbation des vaccins par l’EMA soit plus rapide. Athènes a aussi plaidé pour la mise en place d’un certificat « standardisé » de vaccination au sein de l’UE, une proposition discutée au sommet. La Grèce souhaite sauver son industrie touristique, mais l’idée de se servir de ce certificat pour permettre aux personnes vaccinées de voyager est jugée prématurée par plusieurs Etats membres, en raison de la faible proportion de la population vaccinée et des incertitudes concernant l’effet du vaccin sur la transmission du virus.